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Ouaouh ! ça décoiffe  pas mal d’entendre François Hollande ouvrir avec cette forte parole le sommet de la francophonie. Cela dans un décor assez désuet qui nous fait mesurer d’un coup la rapidité d’évolution des mises en scène et des images transmises par les médias.

La phrase elle-même a dû scotcher dans leur fauteuils pas mal de parangons du point-virgule et de l’imparfait du subjonctif. Je fais au demeurant partie des premiers, tout en restant très mesurée sur l’usage du second  qui me parait de voir relever du tact et de la mesure. Mais là n’est pas la question.

La phrase de Hollande est forte. D’abord par  sa vigueur, son caractère surprenant au premier abord et tout de suite après par sa signification politique. On est très loin de « l’homme africain qui n’est pas entré dans l’histoire » de Nicolas Sarkozy. C’est au contraire l’histoire de la France et son avenir qui mettent le pied en terre africaine.

Forte aussi par sa justesse. On le sait, le français est d’abord une langue latine mais le latin lui-même était sans doute bien davantage parlé en terre africaine que dans ce que nous appelons aujourd’hui l’Italie. Staline demandait « le Vatican, combien de légions ? ». On serait sans doute surpris de connaitre la réponse à la question « Le latin, combien de locuteurs africains ?

Comme on l’est d’apprendre que 80% des locuteurs français sont des Africains. Et c’est bien le point le plus aigü de la phrase de Hollande : l’avenir de notre langue se joue de l’autre côté de la Méditerranée. Qui l’avait jusqu’alors exprimé ainsi et qui en avait mesuré toute la signification ? Oui, l’avenir du français se joue là-bas.

Ce que Hollande a bien compris en ouvrant à plus d’étudiants sur notre sol, en les appelant à ce partage d’un même outil et à son utilisation pour la défense des droits et des libertés. Langue de la colonisation sur une part de son territoire, le français peut constituer pour l’Afrique une langue d’identité et de défense contre les appétits économiques et les hégémonies culturelles.

 

Comments 9 comments

  1. 13/10/2012 at 17:22 Alain

    La langue, comme la parole, appartient à qui on l’a donnée.

    • 13/10/2012 at 19:17 Louis

      Citation exacte de Staline : « Le Vatican, combien de divisions » ? Et pas « combien de légions » ! Au final, le communisme stalinien s’est effondré, et le Vatican persiste. Un truc à perdre son latin. Il suffit de voir l’ancien enfant de choeur Mélenchon pour comprendre.

  2. 13/10/2012 at 21:53 Alain

    @ Louis

    Il y a effectivement du Peppone dans Mélenchon, mais on s’éloigne de l’objet de ce billet.

  3. 14/10/2012 at 09:55 francis

    dit autrement : la langue est un élément, legs positif de la colonisation …

    cela étant, en Afrique, le français est plus souvent une deuxiéme langue qu’une première,
    contrairement à l’espagnol en amérique latine.
    l’expression de FH a donc des limites, mais, si elle permet de dynamiser positivement notre relation avec certains pays africains francophones, pourquoi pas,
    à condition de ne pas oublier pour autant les anglophones, lusophones, etc….

  4. 14/10/2012 at 11:21 Michèle Delaunay

    Tout à fait vrai, Francis, le français est souvent une 2ème langue et Hollande l’a d’ailleurs évoqué. Mais c’est aussi bien souvent la langue qui réunit plusieurs premières langues, correspondant par exemple à des ethnies ou des territoires différents. Et puis c’est aussi bien souvent la langue où l’on fait des études, supérieures en particulier.

  5. 14/10/2012 at 11:22 Michèle Delaunay

    Pardon Louis. Visiblement j’étais toute entière dans notre passé latin et j’ai transformé Staline, qui n’en mérite pas tant, en une sorte d’Astérix qui compte les légions

    • 14/10/2012 at 21:43 Louis

      Michèle, c’est très mal de diffamer Astérix !

  6. 14/10/2012 at 21:43 alphonse

    Ah! Madame!
    Et puis, il va falloir en avaler bien d’autres, de salmigondis, un de ces quatre!
    Monsieur Hollande devrait bien récupérer dare-dare le chapeau-claque et le gros cigare que son prédécesseur avait sortis pour privatiser GDF, racheter les centrales belges et ce qui va avec, racheter Fortis pour la BNP et refiler sa Dexia à la Belgique…!!!

    Et vous Madame, vous apprêter à récupérer la moitié du gouvernement belge, le roi et toute sa famille…à Bordeaux, comme en ’40!

    Et il va falloir négocier tout cela…en flamand!

    (mais bon, pas de panique quand même, il me reste de bon amis, même à Anvers!)

    Regardez, une fois:
    « A Anvers, dans ce qui s’apparente à la mère de toutes les batailles, Bart De Wever l’emporte largement sur Patrick Janssens et sa Stadlijst coalisant SP.A et CD&V. La N-VA recueillerait autour de 38% contre 28,5% à la Stadlijst. Patrick Janssens a félicité Bart De Wever pour sa victoire, précisant qu’il a « une large responsabilité sur ses épaules » et estimant que c’est à lui de prendre l’initiative. Les autres partis sont laminés, le Vlaams Belang de Filip Dewinter qui chuterait de 33,5% à 8 ou 9%. La surprise, qui a coûté cher à Patrick Janssens, c’est le score du Pvda qui tournerait autour des 7%. Aux yeux du politologue Dave Sinardet, le profil centriste de Patrick Janssens pourrait d’ailleurs être à la source de sa perte alors qu’il lui avait permis de battre le Vlaaams Belang en 2006. Selon la N-VA, Bart De Wever s’orienterait en outre vers 18.000 voix de préférence contre 11.000 à Patrick Janssens. »
    (bon il y a quand même quelques sigles vaseux…mais c’est moins grave que pour les structures de santé de la RF!)

  7. 15/10/2012 at 14:34 francis

    en leur temps, j’avais comparé les discours de Dakar de NS et SR
    leur contenu et leurs imperfections …
    je vais y ajouter celui de FH
    je reviendrai ici dans quelques jours si j’ai le temps, le courage….

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