m

« Un Etat modeste et impartial », acte I

A peine 48 heures, et déjà ivre de pouvoir jusqu’à la stupidité !

L’ostentatoire « retraite » de Nicolas Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré est une offense non seulement à l’image que nous avons -et que l’on doit avoir- de la plus haute fonction de l’Etat, mais aussi de la simple intelligence politique.

« Je prendrai une courte retraite après l’élection pour habiter pleinement la fonction de Président de la République ». Il y entre en tous cas par une très petite porte, toute dorée qu’elle soit.

Ah, les hommes !

Nicolas Sarkozy répète à l’envie que la participation électorale a été élevée parce qu’il a su aborder les vrais sujets et concentrer le débat sur les problèmes qui proccupent « les gens ».

Pas un instant, ne l’effleure l’idée que la nouveauté de la candidature d’une femme, son vocabulaire qui tranche avec le bla-bla habituel (les petites retraites, la vie chère..), quelquefois ses provocations calculées (l’encadrement militaire..) ont fait plus que ses propres prises de parole ? Non, non, à lui seul revient le mérite d’avoir réveillé l’électeur !

Reconnaissons-le : il est très masculin dans sa vision de la politique.

Berlusconi en campagne

Un allié de poids dans notre campagne électorale : Silvio Berlusconi a déclaré que le programme de Nicolas Sarkozy était décalqué des livres qu’il a lui-même écrit.

Voilà un homme qui, au moins, ne manque pas de lucidité politique. Il donne au passage raison à Alain Rousset qui déclarait, lors de l’inauguration de notre permanence, que « Nicolas Sarkzy, c’était Silvio Berlusconi, mâtiné de Vladimir Poutine.

Je ne sais pas ce qu’en pense Poutine, mais Berlusconi est d’accord. Ce n’est pourtant pas flatteur.

Chasse, boulange et travail partagé

Un titre en couverture de notre « hebdo des socialistes » me choque : « travailler, c’est produire ensemble.

Combien j’aurais préféré : « travailler, c’est construire ensemble« . Ce qui n’exclut pas de produire, mais il faut que la production ait un sens et que ce sens soit visible pour ceux qui produisent. Ce sens c’est (ce devrait être) la construction d’un plus grand bien être.

En réalité, le sens fondamental du travail (j’en ai souvent parlé dans ce blog), c’est la contribution à la marche commune de la société, à notre vie et à notre survie. C’est la participation à ce pool commun, et le partage de sa charge. Apporter sa pierre à l’édifice, mettre des compétences au service des autres … Jamais, l’idée qu’on ne travaille pas seulement pour gagner sa vie mais pour apporter à la communauté ce qu’on y prend par ailleurs, sous une autre forme. Je cite souvent ce mot du film « la femme du boulanger » : Tu me donnes de ta boulange, je te donnerai de ma chasse (c’est le hobereau du coin qui s’adresse au boulanger) et lui promet de lui apporter je ne sais quel gibier pour le remercier de son bon pain.

Nous avons perdu à tel point le sens du collectif, que même cela parait difficile à expliquer. Quelle évidence pourtant, que le moindre peuple primitif percevait.

Qui la police doit-elle servir ?

Trois-cent vingt six policiers à Meaux hier pour sa courte visite en banlieue, 600 à Bordeaux pour son meeting électoral, 60 autour de sa villa de vacances au Pyla… Voilà l’Etat dont nous ne voulons pas.

La politique de sécurité de Nicolas Sarkozy est d’abord celle de sa propre sécurité. Le fait même qu’il en ait besoin montre qu’il n’est pas « cette rencontre d’un homme et d’un peuple » dont parlait Jacques Chirac.

Suivi et Infogérance par Axeinformatique/Freepixel