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Un solide coup de pouce

En Allemagne vient d’être conclus, entre un syndicat important (VERDI) et le patronat un accord salarial majeur. Comme en France, les aides-soignant(s) sont mis à lourde épreuve par la pandémie et l’augmentation continue du nombre de grands âgés. Le métier est peu attractif et la première raison en est la faiblesse des salaires ainsi que leur manque de progressivité.

A Berlin, une augmentation du salaire minimum horaire vient d’être conclue et garantie jusqu’à 2023.

-salaire de base 14 euros 40

-en cas de formation supérieure à 1 an : 15 euros 2

-en cas de formation spécialisante : 18 euros 75

Ce qui correspondra pour un temps de travail de 39 h semaine en juin 2023

à 2440 euros mensuel pour la 1ere catégorie

2580 euros pour la deuxième catégorie

3180 euros pour la troisième

Je retranscris ici strictement les données qui viennent d’être publiées par la Suddeutsche Zeitung. Ceci pour aider les aides-soignant(e)s de France à exercer une douce pression sur les décideurs de leur progression salariale.

Une inquiétante rencontre

En France aujourd’hui deux chiffres se rencontrent de manière douloureuse et inquiétante. Ce sont en effet 75 000 décès qui sont dus cette année respectivement au tabac et au covid.Ce devrait être un électrochoc pour chacun de nous.

Le premier chiffre est le moins coûteux à réduire puisqu’il dépend en tout premier lieu de la volonté de ne plus fumer. Le second dépend de notre respect des mesures barrières, du taux de vaccination et de notre volonté/possibilité de limiter les contacts sociaux.

Au final, les deux dépendent en grande partie de nous et notre belle espérance de vie, gagnée par les progrès médicaux des 50 dernières années marquera, sans je l’espère trop de marche arrière, le résultat de nos efforts.

Les crayons

J’ai une grande et longue amitié pour les crayons, ces simples et honnêtes outils de tout travail d’écriture. Ils ont la noblesse de la modestie et du faible coût et surtout, à leur actif, des années et des pages « noircies » par petits et grands, depuis des siècles. Aussi vieux que la plume métallique, solide et écologique, le crayon je l’espère n’est pas prêt de disparaître.

Cette longue amitié m’a conduite à une action que l’on ne peut vraiment qualifier de délictueuse, car son objet était mis à disposition et généreusement offert à celui que l’on invitait à s’en servir.

Sur la table du Conseil des Ministres est en effet chaque semaine déposé à la place de chacun un solide crayon en bon bois que je croyais alors venir de nos forets.

Je dois l’avouer, à chacune de ces séances, j’ai fait définitivement mien le crayon qui m’était attribué. Une manière simple et durable de compter le nombre de Conseils auxquels j’aurais l’honneur d’assister. Marque française en lettres dorées ( « Gilbert ») et gravé en plus petits caractères « BIC » : l’honneur de l’industrie française paraissait définitivement sauvé, ce qui était bien le moins puisque l’acquéreur était l’administration française et plus précisément celle de l’Elysée. Un regret cependant : la dénomination de tradition « Gilbert et Blanzy Poure » était partiellement escamotée.

Mon demi-forfait a fait école et je connais plusieurs ministres qui ont également conservé et réuni leurs crayons. Les miens siègent dans un petit vase rectangulaire en simple verre, sur le rebord de ma bibliothèque, comme s’ils étaient mis à disposition de chacun des auteurs des rayons supérieurs.

L’histoire est édifiante et pourtant elle vient de connaitre un douloureux écueil. Une équipe de télévision qui s’était installée dans les lieux m’interrogea sur ma crayonnophilie et je racontai l’histoire. La journaliste plus facétieuse que la moyenne, s’empara de l’un des crayons, l’installa sous la lampe et à son courroux comme au mien dévoila une minuscule gravure juste enfoncée dans le bois « made in China »…

Ma fierté et celle de mon bouquet de crayons en prit un coup. Imaginait-on Voltaire, installé dans le plus haut rayon, s’emparer d’un crayon fabriqué en Chine ? Pas davantage, Chateaubriand et Mauriac, installés à plus grande proximité sur les rayons du bas, n’auraient accompli ce parjure. Tous les deux pourtant ont connu et utilisé le crayon, mais ni l’un ni l’autre n’auraient accepté qu’il ne vînt pas de la forêt bretonne ou des pins des Landes.

J’avoue avoir conservé quelque rancoeur à François Hollande de n’avoir pas veillé à la nationalité des crayons élyséens. Lui-même -comme après lui Emmanuel Macron- disposait à sa place d’un crayon plus majestueux et plus volumineux : il s’agit d’un crayon à deux bouts s’ouvrant sur une mine rouge à une extrémité et une mine bleue à l’autre. Ce type de crayon a été utilisé pendant des décennies par maîtres d’école et professeurs pour souligner les fautes et annoter les cahiers de leurs élèves : il est incontestablement la marque de l’autorité.

Hélas, ce crayon présidentiel n’a jamais été mis à ma disposition pour que j’en puisse vérifier l’origine. Puisse mon histoire monter jusqu’aux grandes oreilles de l’Elysée et l’honneur de la patrie être enfin rétabli si, par une coupable faute, le crayon du Président de la République était, comme le virus, originaire de l’Empire du milieu.

Visite ministérielle

J’ai longtemps refusé d’écrire à partir de mes souvenirs, simplement parce que ce n’est que trop souvent l’acceptation qu’il n’y a plus d’avenir. Et puis un jour vient la crainte de les voir s’effacer comme le fait quelquefois un nom propre au décours d’une phrase ou d’une rencontre. L’écriture alors sert de dépôt de garantie mais peut être aussi de coffre-fort que personne n’ouvrira jamais…

Tant d’événements, petits ou grands, poussent pourtant à se réfugier dans le passé. Aujourd’hui la visite à Bordeaux de la Ministre déléguée au personnes âgées me fait retrouver ces moments qui pour moi ont toujours été heureux. Je faisais en 2013/14 un « déplacement », comme on dit, au moins une fois chaque semaine. Les journées étaient chargées et constamment positives : visites d’EHPAD ou de ce qu’on appelait alors « foyers logements »*, d’entreprises, de structures sportives en direction des âgés, rencontres avec des municipalités ou des conseils départementaux… C’était à chaque occasion apprendre, créer des liens, annoncer ou expliquer une action.. Des journées de 12 heures ou davantage, dont on revient fourbu mais généralement satisfait d’avoir réalisé ce qu’on avait prévu de faire.

On m’en donne à l’occasion le souvenir : un courrier, une rencontre (ces jours-ci en Limousin), l’envoi d’une photo… Je crois que je n’ai oublié aucun de ces « déplacements ». Chacun était l’occasion d’un dossier, rapporté à mon domicile comme il est de règle à la fin du mandat. Ce qu’on appelle « faire ses cartons ». Ces documents sont aujourd’hui rangés sans avoir été ré-ouverts encore dans une énorme armoire, qui outre qu’elle est installée dans une pièces non chauffée et sombre, a quelque chose d’effrayant en elle-même.

Aujourd’hui la Minsitre des « PA » est à Bordeaux pour une réunion à l’agence régionale de santé sur le sujet des « métiers de l’autonomie ». Elle (son cabinet) a refusé que j’y sois présente**, attitude qui n’a jamais été a mienne dans le cas un ou une de mes prédécesseurs, avait habité dans le territoire où je me déplaçais. En visite dans le Département où habitait Paulette Guinchard Kunstler, elle a toujours été à mes côtés et je n’ai cessé de m’en féliciter publiquement.

Le « plan des métiers de l’autonomie » a été en 2014 le dernier de mes actes de Ministre. Le remaniement eut lieu quelques jours après la signature officielle mais le texte complet est toujours disponible en ligne. La rédaction en est très administrative car elle devait convenir à 4 ministères qui eurent à en approuver chaque terme. Les actions qui y sont prévues, demeurent hélas aujourd’hui des projets. Espérons que les mois à venir et la loi GrandAge sauront en faire des actions.

  • *les « foyers-logements » dont le nom ne faisait guère envie sont devenus à mon initiative les « résidences autonomie ».
  • **Je le souhaitais, car outre la tradition entre ministres de mêmes attributions, ses annonces et surtout la présentation du rapport de Michel Laforcade, eurent bénéficié à ma nouvelle fonction à la tête du gérontopole nouvelle-aquitaine

Une si profonde blessure

Je m’étais promis de ne pas en parler avant cinq années. Elles sont largement passées, le Gouvernement comme le Président de la République ont changé, je m’y autorise aujourd’hui.

C’était en Mai 2014, le jour même où je devais présenter en Conseil des Ministres la « loi d’adaptation de la société au vieillissement » qui était le fruit du travail de mon équipe ministérielle et de moi-même. Elle était entièrement rédigée et passée par toutes les épreuves que subit un texte de loi, ne serait-ce que les redoutables « RIM (réunions inter ministérielles) qui accompagnent dangereusement chaque article de la loi. J’ai appris le remaniement par la radio, alors que j’étais à la Mairie de Paris pour parler du sujet. Bien sûr, comme sans doute les autres Ministres, je n’avais aucunement été informée, ni prévenue. Normal, du moins en France car c’est tout différent en Allemagne.

Cette blessure profonde est d’abord personnelle. « D’abord » ne veut pas dire loin de là qu’elle est la plus importante, mais c’est celle que l’on reçoit la première, presque physiquement. De retour, au Ministère, je constatais que le café et les tasses à café à disposition de l’équipe ministérielle avaient déjà été enlevées. A ce même moment, la Ministre de la Santé présentait son « équipe de choc) (sic) sur twitter, avec le nom et l’image de ces trois nouveaux Ministres délégués. Marisol Touraine a certainement été en grande partie décisionnaire dans ce remaniement, en particulier me concernant. Le jour choisi (celui de la présentation de la loi) l’assurait que mon nom ne serait présent à aucun stade de l’officialisation de la loi, ni dans le texte lui-même mais c’est bien sûr surtout la décision du Président de la République.

La blessure la plus durable concerne la loi GrandAge appelée désormais de ce nom ainsi mais dont ne connait à cette heure que cela. La loi dite « ASV » que nous avons faite devait comporter 2 actes, elle n’était que le premier et devait être suivie du loi portant sur le grand âge et les établissements. Si nous l’avions faite, l’ensemble des 2 actes eût constitué le totem social de François Hollande et il aurait durablement marqué son quinquennat. Nous avions bossé le sujet avec nombre de propositions autant sur le financement, l’évolution du modèle des EHPAD, et la prééminence qui devait être donnée au domicile, ne serait-ce qu’en prévention de l’entrée dans le grand âge de la génération du baby boom. On ne construit pas en dix ans un nombre d’EHPAD et autres structure correspondant aux 4 millions d’âgés qui commenceront ou seront déjà en perte d’autonomie.

Ce remaniement concernait bien sûr en premier lieu, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, sans lequel la loi ASV n’aurait jamais existé. Son successeur ne s’est pas intéressé au sujet. Qu’il soit rendu hommage à sa ténacité ainsi qu’à la part prise par Brigitte Ayrault dans la mobilisation nationale contre l’isolement des âgés (MONAlIsA. J’y reviendrai bien sûr

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