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A vrai dire, sur le terrain, la première réaction est plutôt « ça se discute … »

Et c’est justement ce que nous ferons mercredi soir à l’Athénée municipal.

La discussion a plusieurs niveaux et le premier relève de l’évidence : « Entre mourir jeune et accepter de vieillir, pour ma part j’ai choisi » disait mon honorable père à un âge avancé où il n’avait pourtant pas commencé de vieillir. Oui, vieillir est une chance, pouvoir faire à 40 ans des projets pour 40 autres, à 60 ans commencer une autre vie d’un bon pied, et résolument à 80 se dire que l’on a encore beaucoup de bonnes choses à prendre et à apprendre. Oui, tout cela c’est une chance évidente et sans aucun doute le plus beau cadeau que nous ait fait le 20ème siècle.

La discussion n’est pourtant pas close après cette évidence. Vieillir pour être seul, pauvre et malade, n’avoir pas les moyens de combler les petites déficiences qui, inéluctablement, s’accumulent (et pourtant savoir que ces moyens existent), ne plus pouvoir se déplacer, être regardé comme un « vieux », traité avec cette condescendance insultante qu’ont même des politiques quand ils se font photographier en tapotant la main d’un vieillard en chaise roulante, sentir que la société vous regarde comme une charge, vous parque dans des ghettos d’où l’on ne peut sortir à sa guise…

Quand on s’est battu toute sa vie, qu’on a traversé des périodes plus ou moins roses de l’histoire, et quelquefois carrément tragiques, quand on a été respecté, honoré ou tout simplement qu’on a l’impression d’avoir fait correctement son job d’être humain..

Est-ce une chance, un beau jour, d’être traité de « Papy », de n’avoir pas droit à la parole, d’être mis à l’abri de toute information politique, de toute participation à la vie citoyenne ?

Non, ce n’est pas une chance. Et ça l’est d’autant moins que nous avons aujourd’hui les outils, les techniques, et même bien souvent les lois, pour compenser les capacités perdues, condamner la discrimination (et la discrimination par l’âge n’est pas la moins révoltante), ouvrir les lieux de résidence des âgés à l’information, à la participation, au contact, à l’échange, au partage des savoirs, professionnels y compris.

Qu’est-ce qui manque alors ? La capacité d’anticiper, de prévoir, la volonté de prévenir et surtout le choix ferme et définitif d’innover, de sortir des schémas habituels, de prendre des risques, pas seulement de vivre la révolution des âges, mais de la faire.

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