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Dans un précédent billet, j’essayais de traduire cette évidence, jamais enseignée, voire même obscurément considérée comme un risque ou une faiblesse : notre inter-dépendance. Ne dit-on, pour parler de la perte d’autonomie du grand âge ou du handicap, qu’une personne devient « dépendante », comme si elle ne l’était pas depuis sa naissance, et comme si cela ne faisait pas partie de notre humanité d’être dépendant les uns des autres ?

De cette conscience de notre dépendance, nait un devoir : le devoir de réciprocité.

En réalité, nous sommes sans doute nombreux à essayer de mettre en forme ce qui est en effet devenu un devoir, une nécessité de survie, en face du tout économique et même du tout scientifique.

Martine Aubry évoque depuis fort longtemps, même si cela n’est apparu que récemment dans l’actualité, une « société du « care » », du « prendre soin ». C’est aujourd’hui le tour du Pr Philippe Kourilsky, que j’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises dans mon chemin médical, de proposer un mot « le temps de l’altruisme » dans un nouvel ouvrage auquel « le Monde » consacre une page entière.

Il y apporte un éclairage scientifique très frappant en racontant ce qui fut un tournant pour lui : découvrir que malgré l’existence d’un vaccin très peu cher et sans effet fâcheux, 800 000 enfants mouraient encore chaque année de la rougeole. Ce n’est pas la science, mais la « générosité » qui a aujourd’hui réduit ce chiffre à 200 000, par l’intermédiaire du « programme global » de Bill Gates.

Je préfère à vrai dire la « réciprocité » à la « générosité » : elle nous enseigne qu’on ne donne pas sans recevoir et surtout que chacun a également besoin des autres. Et une fois encore : qu’aucun ne se sauvera seul.

La réforme des retraites et la politique de l’âge en général vont constituer le champ d’application parfait de ce devoir de réciprocité.

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