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Alain Juppé rêve d’une revanche dans le canton de Bordeaux 2

| 15.03.11 |

BORDEAUX CORRESPONDANTE – En Gironde, où 31 cantons sont renouvelables lors du scrutin des 20 et 27 mars, celui de Bordeaux 2 attire les regards. Les résultats, quels qu’ils soient, ne feront pas trembler la majorité du conseil général de la Gironde, dont le président sortant, le socialiste Philippe Madrelle, est confortablement installé depuis les années 1970, avec 47 conseillers socialistes et apparentés sur 63.

En revanche, pour Alain Juppé, le maire de Bordeaux, ce canton de 26 000 habitants revêt une portée symbolique et tactique. La socialiste Michèle Delaunay, conseillère générale sortante, est une adversaire politique qu’il connaît bien : à la surprise générale, en 2007, cet ex-médecin hospitalier en cancérologie, lui avait pris son mandat de député. A l’époque, cet échec lui avait valu son poste de ministre de l’environnement. Déjà trois ans plus tôt, Michèle Delaunay, fille d’un préfet bien connu à Bordeaux, avait ravi de peu (538 voix d’écart) le canton de Bordeaux 2, fief de la droite depuis 1961.

Elle est devenue la femme à abattre, même si ce canton ne se situe pas sur la deuxième circonscription, perdue par le ministre d’Etat. « La politique bordelaise à droite a toujours un fil directeur : l’avenir et la stratégie d’Alain Juppé aux prochaines élections », tonne Michèle Delaunay.

La défaite de la conseillère générale sortante l’affaiblirait dans le combat des élections législatives de 2012 pour lesquelles Alain Juppé compte se présenter. « La conquête de ce canton n’est pas un élément stratégique et déterminant mais il est symbolique et psychologique pour regagner la deuxième circonscription », confirme un cadre bordelais de l’UMP.

Pour tenter d’y parvenir, Alain Juppé a porté son choix sur Anne-Marie Cazalet, conseillère municipale depuis 1995. Fille d’un ex-édile important du bassin d’Arcachon, elle n’a pas d’expérience dans une élection uninominale mais elle est entourée d’une armada d’élus municipaux et de caciques de l’UMP, « mes amis », dit-elle.

Le ministre et maire de Bordeaux mouille la chemise. Il a participé au lancement de sa campagne, à l’inauguration de sa permanence, et à des visites de quartier.

Pour maximiser les chances de l’emporter, Alain Juppé, également président de l’UMP de Gironde, a pris la décision, sans concertation avec les militants, ni avec les candidats déjà désignés, de conclure un accord avec le MoDem départemental, souvent dans l’opposition sauf à la mairie de Bordeaux.

L’objectif est d’éviter la dispersion des voix mais des candidats UMP, dont certains avaient déjà imprimé leurs documents de campagne, ont dû se retirer pour laisser la place à des candidats MoDem (et réciproquement). Cela n’a pas plu. « Il n’y a eu aucune discussion avec les membres du bureau ou le comité départemental. On l’a appris par la presse. C’est rude », confie un élu UMP.

Ces tensions pourraient laisser des traces dans les urnes. Mais dans le camp adverse, on en perçoit aussi : malgré son implantation, Michèle Delaunay agace certains milieux associatifs et sociaux à cause de ses postures personnelles. En outre, elle ne s’est pas appliquée le principe de non-cumul des mandats qu’elle avait pourtant revendiqué.

Dans ce canton urbain, où se côtoient vrais bourgeois, « bobos » et électeurs populaires, ni le PS ni l’UMP n’osent avancer de pronostic. L’abstention (près de 39 % en 2004) risque d’être élevée car le scrutin, qui n’est couplé à aucune autre élection, est toujours peu connu des habitants.

Parmi les sept candidats à concourir dans le canton, trois autres espèrent créer la surprise : celui des Verts-Europe Ecologie, Marc Lasaygues, celle du Front national, Valérie Colombier, et celui du Front de gauche, Patrick Alvarez (syndicaliste CGT).

Claudia Courtois

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