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Lors du procès Villemin*, Marguerite Duras avait utilisé une formule qui a fait date « coupables, forcément coupables ». C’est aujourd’hui à chacun de nous –et non au seul Gouvernement- d’être responsable qu’il s’agit. Sachons même dire qu’il faut aujourd’hui avoir le service de l’Etat chevillé au corps pour gérer la crise du covid et décider au fil des jours des mesures à prendre.  

Pour autant, je regrette la suppression d’un bilan régulier et précis. Qu’il ne soit plus télévisé peut-être, au moins doit-il être écrit et ses données principales présentées sous forme de tableaux que l’on puisse comparer de semaine en semaine. La belle institution qu’est « Santé publique France » est là pour cela. Hélàs, consigne lui a sans doute été donnée de présenter les courbes et chiffres de manière si dense et obscure pour le plus grand nombre que nous ne pouvons faire aucune comparaison comme c’était le cas lors de la première vague. Une déclinaison territoriale doit également être ouverte à la connaissance  des habitants des grandes régions.

Cette information est indispensable à la compréhension des mesures prises dont on sait qu’elles sont assurées de ne pas contenter tout le monde, voire de ne contenter personne.

Les Français seraient-ils devenus plus ardents à la critique qu’à l’adaptation au réel ?  C’est au contraire cette adaptation qui est indispensable aujourd’hui. Les restaurants voient baisser leur clientèle, que n’essayent-ils pas de compenser cette baisse par la mise à disposition de plats préparés à prix raisonnables. Nous serions nombreux à vouloir en profiter, ne serait-ce que pour les soutenir. Quant aux clients des bars et des brasseries, ne pourraient-ils avancer leurs horaires du soir sans trop rechigner ? 

La France ne se relèverait pas d’un confinement général tant soit peu durable et cet enjeu économique est tout aussi moniteur de désastre social et humain que l’épidémie elle-même. C’est la pauvreté qui deviendrait alors épidémique. La formule détestable qui prétend que les jeunes sont sacrifiés par les mesures qui les touchent (limitation des rassemblements festifs, horaires des bars…)  pour protéger les vieux est une contre-vérité, assez poisseuse. Non seulement, parce que les âgés sont moniteurs de consommation, mais parce qu’un pays touché par une forte létalité perdrait toute confiance en lui-même, et perdrait la confiance de ses voisins. 

La solution est d’abord en nous. Je sais, ça fait « préchi-précha » de formuler ainsi cette évidence : nous sommes tous responsables, et de contenir l’épidémie, et de maintenir l’activité. Nos déplacements, nos réunions, doivent être mesurés à leur degré de risque et aux possibilités de se protéger de ces risques.

Ce n’est pas très « fun », j’en conviens.  J’en reviens à la formule de Marguerite Duras  : « Coupables, forcément coupables ». Cette formule a marqué les esprits et elle retrouve toute son actualité. Nous sommes tous responsables de ne pas être demain forcément coupables.

*1993

Comments 4 comments

  1. 28/09/2020 at 13:18 Klaus Fuchs

    « On ne peut imposer aux gens de prendre soin d’eux malgré eux, mais on peut imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux. » (Olivier Véran)
    Tout y est.

  2. 06/10/2020 at 11:49 Sylvie JUSTOME

    Merci pour ce billet et sa demande de transparence ; je la partage pleinement. La visibilité est un élément indispensable pour une participation libre et éclairé à l’effort collectif contre la propagation du virus.

  3. 06/10/2020 at 11:50 Sylvie JUSTOME

    lire : « éclairée » bien sûr…

  4. 16/10/2020 at 08:27 vielleuse

    Madame,

    c’est dommage de dire dans Tzelerama de telles insanités sur la loi belge concernant la fin de vie . N’avez vous aps lu le rapport annuel de al commission de contrôle qui, de façon hyper détaillée, sur les fins de vie assistées par euthanasie, dans des conditions bien plus transparentes que celles faites en France où l’hypocrisie règne en maitre ? alors sil vous plait arrêtez de dire des c***** et venez écouter ceux et celles qui souffrent le martyre de ne pouvoir en finir avec ce qui n’est plus une vie . Et ce ne sont pas les malades d’Alzheimer! croyez vous que M. COCQ récemment, ou Mme BERT et tant d’autres sont débiles, s’amusent quand ils décrivent leur situation ?
    consternée, de voir cet aveuglement !

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