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Pluie glaciale après la tempête. Je rentre à l’instant de l’aéroport de Merignac, accueillir le Président de la République venu constater les dégats de la tempête au Pian Médoc puis visiter la cellule de crise mise en place à la Préfecture.

Pour accueillir le Chef de l’Etat, au nom des élus de gauche, Philippe Madrelle, Alain Anziani et moi. Ceci en accord avec notre attachement aux principes républicains. Quand nous les évoquons, c’est d’abord que nous les pratiquons.

Une pluie glaciale tombait sur le tarmak. Le temps de converser avec le personnel de l’aéroport : ce sont bien 80 noeuds que les vents ont atteint à 4h 10 du matin, soit 4 fois plus que la force évoquée par les constructeurs du pont levant (voir billet précédent), et il me semble tout à fait légitime de manifester à ce propos ce motif supplémentaire d’inquiétude en face de ce projet.

J’ai interrogé hier un pilote du port sur ce sujet précis. Il a eu cette réponse laconique, qui va bien aux marins : « c’est vrai, mais qu’importe, puisque aucun bateau ne viendra à Bordeaux, s’il y a un pont levant ».

Langage de marin. J’ai pu constater que s’il était laconique, il était toujours véridique. Oui, si le pont levant ne peut se lever, ni se baisser au delà de 20 noeuds, cela risque d’empêcher le passage des navires, et de retenir en aval ceux qui l’ont déjà franchi. Un jour et même une heure de retard d’un navire à quai coûte des sommes impressionnantes. Si impressionnantes qu’en effet, les armateurs ne prendront plus le risque.

Oui, wpn (un de mes commentateurs aux multiples pseudos), c’est une vraie inquiétude et, pour cela, j’ai demandé audience aux experts de l’Unesco, et à Francesco Bandarin qui m’a reçue longuement, étonné comme moi que la Mairie de Bordeaux n’ait pas jugé nécessire de m’associer aux visites des lieux, contrairement à ces règles républicaines que j’évoquais en commençant ce billet.

Une pluie de glace continue de tomber sur Bordeaux, comme dans la chanson de Barbara « il pleut sur Nantes ». Hélas, à Bordeaux, cette pluie n’est pas faite que de gouttes bien réelles, elle est aussi faite de réalités politiques, qu’il nous apppartient de dissiper et de dissoudre.

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