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La nuit tombe sur Bordeaux. Des chauves-souris croisent le faîte de mon marronier, encore visibles sur le bleu dense du ciel. La conversation avec la nature que permet la plus petite échappée sur elle, même au coeur de la ville, a toujours été pour moi un objet de rassurement. Le monde est là, autour de nous, éternellement « durable » et pour ceux qui ont appris à l’entendre, éternellement bavard. Tous les vieux lycéens que nous sommes ont dans l’oreille : « La nature est un temple où de vivants piliers, laissent parfois sortir de confuses paroles… »

La nature n’est pas un temple, mais un curieux mélange d’impassibilité et de confidences. Mille poètes l’ont dit avant moi, des millions d’hommes l’ont ressenti sans le dire. C’est et cela demeurera vrai pour des millions d’autres. On n’ose plus écrire le mot « durable », tellement il est usé, dévié, par son usage écologique. Mais cela au moins est durable.

Voilà. J’avais en ouvrant mon ordinateur pour écluser les mails de la journée, un peu d’angoisse. C’est presque toujours le cas quand je sens qu’après la nuit une semaine recommence et que j’examine ce qui la remplit. J’ai ouvert ma fenêtre pour cette échappée en direction du ciel, qui depuis tout à l’heure a encore foncé et où le marronier trône, sombre et majestueux, comme un dieu de la nuit. L’angoisse est moins présente, diluée dans ce petit morceau d’univers qui entoure chacun de nous dès qu’il lève la tête pour le regarder.

Comments 5 comments

  1. 09/07/2007 at 09:39 douce-amère

    Miracle du marronnier, ce châtaigner des villes qui rappelle l’enfance, les cours des écoles d’autrefois. Une pensée pour ceux dont l’horizon est un mur gris, une cour sans soleil et qui n’ont plus la force de rêver. Pardon, je n’ai pas voulu attrister ce lundi matin un peu gris pour la saison et ce blog me plaît pour la note poétique que trop de gens oublient.

  2. 09/07/2007 at 11:01 la dancie

    je viens bien tard chère Michèle te dire combien jai été heureuse de suivre cette longue course et ta victoire finale.
    Je me souviens de ce merveilleux repas en fin d’année 2006 où nous osions dire nos voeux personnels : il faut croire et vouloir.

    Bravo chère amie et merci de tes messages dont la poésie me nourrit.

    je repars en septembre au pays des pierres de fée et je voudrais t’en rapporter une spéciale pour ton bureau de l’Assemblée!

    bel été du côté des oiseaux, qui piaillent et près du marronnier qui veille! Entre deux sessions de travail que la nature t’aide toujours à reprendre souffle…

    Monique

  3. 09/07/2007 at 22:43 Marie

    L’angoisse est moins présente dilluée dans ce petit morceau d’univers…comme cela est joliment dit.
    L’infiniment petit face à l’infiniment grand… s’il souffre de cette disgrâce, se voit rassuré par la présence de ses pairs.
    Les chauves-souris sur fond de marronnier bordelais sauront-elles nous apprendre qu’il y a une place pour tous ?
    Allons dormir avec ces quelques mots de Mme Delaunay en tête, parce que la vie est ici observée avec une grande sagesse.
    Bonsoir à tous !

  4. 09/07/2007 at 23:53 Bruno

    Désolé, chère Michèle, de laisser un commentaire terre à terre (ou presque) sur ce post contemplatif. Mais c’est pour te remercier de continuer à tenir ce blog à jour et, surtout, de nous initier à cette vie parlementaire dont, généralement, nos élus ne nous parlent guère. J’aime ton écriture, mais en outre, après avoir suivi de loin (40 km) ta campagne, en étant toutefois présent de temps à autre dans les commentaires de ton blog (comme je l’ai été Place de la Bourse un certain 13 juin avec un pote de ma section avant de repartir pour une réunion de Deluga), j’apprécie que le dialogue avec tes électrices-teurs et ami(e)s se poursuive ainsi. Je l’ai dit à Emmanuelle vendredi soir à Emmanuelle… Amitiés. Bruno

  5. 09/07/2007 at 23:55 Bruno

    avec mes excuses : la dernière phrase était : "l’ai dit à Emmanuelle vendredi soir à Martignas… Bruno

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