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La crise que nous traversons (que nous allons essayer de traverser) est une interpellation presque aussi forte que l’ont été les attentats du 11 septembre.

Nous nous demandions alors : « comment peut-on sacrifier tant de vies -dont la sienne- , que signifie cette nouvelle forme de guerre ? »

Ce que je ressens aujourd’hui, c’est « comment en sommes-nous arrivés là, à ce point de fragilité ? »

Les deux questions sont différentes. Hier, une force extérieure, était intervenue. Aujourd’hui, l’agresseur est au sein même de notre société, nous en sommes (en tout cas je le sens ainsi) un peu tous responsables.

Pourquoi ? Parce que nous avons confié la majeure partie de nos biens entre les mains d’intérêts financiers. Notre épargne, bien sûr. Nos entreprises, nos usines, notre travail dans bien des cas.

Mais aussi l’éducation de nos enfants : quand des enfants passent trois fois plus de temps devant la télé qu’à l’école, n’est-ce pas remettre une grande partie de ce qu’ils apprennent à des éducateurs qui ne sont en réalité que des vendeurs ?

Nos choix, ce que nous consommons, les vêtements que nous portons sont décidés, non pour nous plaire, pour nous aller mieux, nous faire davantage de bien ou de plaisir, mais pour être à l’origine du maximum de profit. Pourquoi les vêtements n’ont-ils plus de plis, de fines coutures, pourquoi ne sont-ils plus que des variations sur le thème du sac : pour que la main-d’oeuvre soit réduite au minimum et la rentabilité portée au maximum. Pourquoi les tomates viennent de Hollande quand elle pourraient venir de Marmande : pas parce qu’elles sont meilleures, mais parce qu’à ce moment-là, il est plus rentable d’en apporter des tonnes chez nous.

Pourquoi vend-on davantage de barres Mars que de tablettes de chocolat toutes simples : parce que la valeur ajoutée est plus grande.

Même notre santé n’est pas loin d’être soumise à la même logique.

Et nous l’avons accepté.

Je n’ai pas honte de dire que je suis dans un état d’inquiétude et d’interrogation qui me fait voir en noir, très noir, ce qui n’est sans doute que gris moyen.

Hier, je disais que j’attendais du Parti Socialiste un élan très fort d’unité. Oui, je crois que c’est le moment de montrer que nous avons quelque chose à répondre à cette mise en cause fondamentale du fonctionnement de notre société. Oui, je voudrais que les chefs de file de nos six motions se retrouvent pour un document, un élan commun, pour manifester une vision commune de cette crise, pour donner à nous tous des raisons de croire et des raisons d’espérer.

Et avant toutes choses : des moyens de faire, et non pas de subir.

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