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Sur le thême « logement et précarité » avait lieu hier au Grand Parc, un débat à l’initiative de la bibliothécaire du lieu, Dominique Dat, rayonnante d’intelligence et de compréhension des multiples facettes de son rôle d’animateur culturel du quartier.

Plusieurs intervenants. Le premier, Olivier Langlois, en charge du logement à « ATD quart monde » a très opportunément introduit le débat par les chiffres issus du rapport sur le mal logement de la fondation Abbé Pierre. – 3 millions 207 000 personnes en mal logement

dont . 85 000 SDF

. 934 000 sans logement personnel (cabanes, caravanes..)

. 2 187 000 sans logement décent (vétuste..)

Ces trois millions correspondent à 5% de la population française

– 5 millions 870 000 personnes hébergées chez un tiers

Au total : plus de 9 millions de personnes ayant un problème, grave à très grave, de logement ; soit un français sur 7.

Après la présentation de ces chiffres, Olivier Langlois a focalisé sa présentation sur la nécessité de faire du logement un droit opposable (susceptible de recours juridique), comme c’est le cas pour la scolarité et la justice. Economie pour la société au regard des chiffres suivants

– habitation en HLM à Paris : 178 euros par personne et par mois

– hébergement de secours en chambre d’hôtel : 660 euros (l’Etat loue chaque nuit à Paris 6000 chambres d’hôtel)

– accueil en CHRS 1050 euros

– placement d’un enfant du fait de l’absence de domicile de ses parents : 4500 euros (tous ces chiffres, par personne et par mois)

Je donne ces chiffres malgré leur austérité pour servir de base à la réflexion sur la question posée, à savoir le droit juridique (et non seulement le droit moral évident) au logement.

Pour dire le vrai, je n’ai pas de réponse dogmatique sur la question. En première analyse, ce droit opposable, c’est à dire « justiciable », parait difficile à concevoir et à mettre en place. Je vois davantage, un droit « programmatique », une obligation de moyens faite à l’Etat et aux collectivités pour garantir l’accès au logement. Les ambitions du plan d’habitation sont (20% de logement social) sont désormais insuffisantes au regard des besoins. Reste aussi à mettre en place des pénalités d’une autre importance que celles qui touchent actuellement les communes qui ne satisfont pas à ce taux ; et à ce que les hommes politiques n’aient pas comme première intention de dévier la loi, ce qui a été le cas d’Hugues Martin, faisant voter au parlement un amendement permettant de comptabiliser dans ces 20% l’accession à la propriété des ex-locataires de logements sociaux.

On s’étonnera peut-être que…la Suisse garantisse le droit au logement. En se référant aux textes, cette garantie parait davantage une facilitation de l’accès au logement qu’un droit opposable (https://www.admin.ch). Voilà en tout cas une question qu’il faut poser, où il faut entendre et voir le possible. Si nous ne faisons rien, rien ne se fera. C’est une règle universelle : « nous ne vivrons que ce que nous changerons ». Une camarade et amie a cité ce soir cette phrase dans la petite réunion que nous avions à la Bastide. Elle me parait très juste.

Je reviendrai dans les billets suivants sur les thêmes du débat du Grand Parc, et sur cette question décisive du logement. Merci de vos contributions : bâtissons ensemble le programme législatif que nous porterons également ensemble dans la circonscription des deux rives (IIème circ.) en face d’Alain Juppé !

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