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Je repense à un commentaire de « mon oeil » au billet précédent. En réalité, je n’y repense pas, la pensée a fait son chemin souterrain alors que j’étais occupée de beaucoup d’autres choses. Tant et si bien, m’y voilà.

Je déteste la « pipolisation » parce qu’elle est toujours, quelque part, instrumentalisation. Tel qui dit « Pierrette -ou Paulette, ou Denise- est si discrête, si dévouée aux autres (c’est à dire à moi) » instrumentalise une image de la femme fondamentalement réactionnaire, ringarde, à l’opposé de tout ce que je souhaite dans les liens d’affection, d’amour, de tout ce qu’on veut ou de tout ce qu’on peut.

L’image de l’homme est mieux préservée de ce point de vue. D’abord, parce qu’il y a moins de femmes « aux commandes », mais aussi peut-être parce qu’elles ont une sensibilité beaucoup plus grande dans ce domaine. Je n’ajouterai pas « comme dans bien d’autres » bien que cela soit venu sous mes doigts et qu’il m’arrive, avouons-le, de temps à autre de le penser. Angela Merkel a-t-elle jamais raconté sa flamme pour son Angelo ? Détaillé sa première rencontre avec lui, dans l’idée de casser son image de femme forte ? Et Angelo lui-même a-t-il jamais fait la récit de ses « jours heureux » au Budeskanler Amt (la résidence des chanceliers) ?

Jamais. Angelo ne s’appelle pas Angelo mais Joachim Sauer. Il ne porte pas le nom de Merkel. Il n’en a pas besoin. Il mène sa carrière scientifique indépendamment d’Angela, publie livres et articles sans référence aucune à sa chancelière. Il Existe.

Zapatero n’a pas besoin non plus de Zapatera. Pas besoin, plus justement, de la mettre en scène, de la faire vivre dans son orbite. Il n’y a guère qu’en France que l’on convoque les conjoints dans les campagnes électorales ou les déclarations de candidature. Ai-je besoin de citer des prénoms ?

La modernité de la vie politique, à tous les niveaux, impose la liberté, l’expression et la responsabilité personnelles. Homme ou Femme, quels que soient l’optique ou le regard, je bataillerai toujours pour cela.

Je reviens au titre de ce billet, décalqué de Valéry (Paul, pas Giscard) : « la bêtise n’est pas mon fort ». Il me semble y avoir un lien très direct entre les deux formules.

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