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Deux oiseaux rivalisent de beauté dans mon jardin ; tous les deux grands, l’un à peine un peu plus qu’un pigeon, l’autre sensiblement plus grand.

La pie, noire et blanche, parait habillée par Saint Laurent. Quand elle vole, un grand V blanc se dessine sur ses ailes noires, que curieusement on a envie de qualifier « noir de geai ». Sur ce smoking d’apparat, deux faisceaux de plume d’un bleu marine profond. La classe.

Le geai fait plutôt dans des teintes douces : habit marron glacé, un peu rosé, et dessus une magnifique parure d’un bleu difficile à qualifier, plus vif que les porcelaines wedgwood, rare. J’ai un pull over un peu comme ça, mais je crains que ça ne suffise pas à vous faire voir le plumage du geai, tellement caractéristique.

Mes deux bellâtres ne sont pas des commensaux très agréables pour leurs congénères plus petits : il mangent volontiers les oeufs dans les nids, quelquefois même les oiseaux qui en sont juste sortis. Dans mon jardin, ils se disputent les escargots, qu’ils saisissent et dont ils vont casser la coquille sur la pierre d’un banc. J’ai mis plusieurs jours à comprendre ce qu’était ce cimetière quasi préhistorique.

Est-ce que la beauté chez les oiseaux donne des droits, comme l’argent chez les humains ? Je pense qu’on connait ma réponse. Les oiseaux n’ont sans doute ni méchanceté, ni gentillesse, ils se battent pour survivre.

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