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A l’occasion de mon premier bilan de mandat, Sud-Ouest m’a consacré une demi-page. L’article est le concentré d’une heure d’interview, fort sympathique au demeurant, avec une très réelle qualité des questions posées, l’échange ayant été enregistré dans sa totalité.

Ce concentré, qui a coûté six heures de travail à Hervé Mathurin, n’est pas toujours facile à comprendre, et j’essaye ici d’en éclairer quelques phrases.

-Condition carcérale
« J’ai porté le dossier des conditions carcérales. Alain Rousset et moi, nous avons demandé de désserer l’étau de l’été. Avec notamment une grâce qui ne serait pas une grâce parce que le juge déciderait à la place du Président de la République » Ecrit comme ça, évidemment, ça parait plutôt obscur ..

Traduction : Le dossier de la condition carcérale et de la justice illustre bien le lien que doit faire constamment un député entre la politique nationale et son application locale. Je me suis battue à Paris contre la loi sur la récidive qui entraine mathématiquement une augmentation du nombre et de la durée des incarcérations. A Gradignan, le taux de surpopulation carcérale a atteint 211% . L’été, la chaleur dans les cellules, rend ces conditions inhumaines d’incarcération plus pénibles encore. Nous nous sommes rendus avec Alain Rousset au ministère pour demander des mesures d’urgence afin, en effet, de « désserer l’étau de l’été ». Parmi celles-ci (promenades et parloirs plus longs, activités sportives…), j’ai proposé que le Président de la République qui se refuse aux traditionnelles « grâces présidentielles » du 14 juillet exprime aux juges, et en particulier aux juges d’application des peines, le souhait qu’en son nom, on privilégie les peines alternatives, les aménagements de peine et les libérations conditionnelles. Cette proposition laisserait la responsabilité aux juges (c’est à dire éviterait le côté « monarchique » de la grâce) et permettrait de réduire l’inhumaine surpopulation carcérale actuelle.

Il y a actuellement une volonté d’absolutisme sur cette ville et une stratégie de reprise en mains. j’en veux pour preuve le découpage des cantons »
Reconnaissons-le, là il faut carrément s’accrocher ! Ceux qui ont atteint le troisième paragraphe, doivent vraiment se demander « quel découpage ? ». Tentative de traduction là-aussi : le maire de Bordeaux a nommé des adjoints de quartier et redécoupé leurs territoires par strict décalquage des cantons urbains, c’est à dire des territoires des conseillers généraux. Son soucis est purement stratégique : regagner les cantons qu’il perd régulièrement, mais beaucoup plus gravement, rendre plus difficile encore la compréhension des citoyens du « qui fait quoi ? » « Pourquoi, et avec quelles compétences ». C’est beaucoup plus grave qu’il n’y parait : cela méli-mélo ne peut que finir de désintéresser les citoyens à la politique !

Troisième exemple, mais là, pas d’inquiétude, aucun lecteur n’est parvenu jusqu’aux 2/3 de l’article !
A propos de l’opposition municipale : Alain Juppé ne prend jamais en compte les propositions. Même les aménagements de la place Tourny n’ont pas eu grâce à ses yeux. Ce n’était pas de la polique, ça ! Juppé, je ne lui demande pas d’entrer dans la Ligue révolutionnaire! » »
Là, le rédacteur a vraiment fait très fort ! Oui, c’est vrai, Alain Juppé , ne prend jamais en compte les propositions de l’opposition municipale. Et j’ai donné l’exemple d’une proposition qui n’a rien de politique, moins encore de subversif : dégager l’intendant Tourny du fatras de panneaux indicateurs et revoir l’aménagement très « bric à brac » de cette place emblématique. Et j’ai ajouté par plaisanterie, après explication, « personne ne demande à AJ d’entrer à la ligue révolutionnaire, mais seulement d’accepter des propositions positives ! »

On le comprendra, j’ai émis quelques réserves auprès d’Hervé Mathurin sur ce papier dont il est l’auteur. La pire est pourtant le titre, mis dans ma bouche « Alain Juppé m’écarte de tout« . Ce n’est certainement ni mes mots, ni l’idée force que j’ai essayé d’exprimer dans cet entretien d’une heure. Hervé Mathurin m’a répondu que c’était la liberté du journaliste. Alors ma liberté à moi, c’est de refuser que cela soit écrit entre guillemets et avec un pronom personnel.

Sous la photo « Pour Michèle Delaunay, il n’y a pas de distinction à faire entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ». Là aussi, entre guillemets. Oui, la politique d’Alain Juppé est à Bordeaux , et serait la même au plan national s’il n’en avait été écarté. Mais écrire la phrase ainsi, et la mettre dans ma bouche, est tout simplement une faute professionnelle.

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