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Césaire encore. Son apport le plus décisif dans la langue sera sans doute ce suffixe, magnifiquement illustré dans « négritude ». Non, que cet -itude n’existait pas, mais il n’était jusqu’alors pas accessible aux sens (ceux qui perçoivent la langue juste en reniflant), non plus qu’au sens commun.

– itude est en effet magnifique : à la fois la gloire et le poids d’une condition. On a eu tort de se gausser, parmi les visages pâles de la politique, du « bravitude » de Ségolène. Je ne sais si elle l’a fait exprès. Mais quelle justesse que ce « bravitude » ! Ceux que, depuis leur jeune âge, on taxe de « courageux » ou de « braves », et qui en sont à la fois fiers et en ont, dans le même temps, plein le dos, comprennent au premier battement de sourcil , la plén-itude de ce mot. C’est tellemeent fatiguant d’être brave ou courageux à plein temps !

– itude est une dimension nouvelle à un état. Prenons un exemple (au hasard..) : il y a la féminité, le féminisme (la même chose, revendiquée politiquement) ; j’ai essayé d’inventer la féminiCité (la place des femmes dans la Cité, l’équivalent public de la féminité qui appartient au monde privé), mais je revendique aussi la féminitude, c’est à dire l’un et l’autre, avec le droit de s’en enorgueillir et, en même temps, d’avoir envie de le déposer comme un paquet en rentrant à la maison.

Bon, d’accord, la masculinitude, ça existe aussi. Mais reconnaissons que ce n’est pas à moi de la défendre.

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