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Deux événements hier d’inégale importance. L’un a occupé tout l’espace médiatique et suscité une éffervescence absurde de commentaires, l’autre a été signalé brièvement par les radios ; aucun « politique » ne s’est fendu d’un commentaire. Le premier c’est bien sûr la phrase « Québecoise » de Ségolène. Un français peut-il exprimer autre chose que de la sympathie devant l’effort considérable de ce petit morceau de terre immergé dans la toute puissance anglo-saxonne pour conserver son identité et sa langue ?

Le deuxième est autrement fondamental : c’est la publication des rapports de l’institut de veille sanitaire sur « les inégalités sociales de santé en France ». Les rapports sont austères (« la santé n’est pas sexy » , me dit-on toujours pour me mettre en garde d’en parler trop !) mais sans entrer dans leur détail, ils nous lancent à la figure une des réalités les plus dures de ce début de XXIème siècle : les écarts se creusent entre les plus pauvres et les plus instruits même dans le domaine de la santé. Ils se creusent au lieu de se réduire.

Beaucoup d’hommes se sont battus, ont milité, on écrit, pensé, parlé, fait effort pour défendre le « progrès ». Et les écarts continuent de se creuser. A l’échelle de la planète, la durée de vie est du simple au double entre un Burundien et un Japonais (41 ans contre 82). La différence de PIB entre le pays le plus riche et le moins riche est plus grande qu’elle ne l’était au siècle dernier.

Du simple au double aussi en France, le pourcentage d’enfants obèses quand les parents sont ouvriers ou quand ils sont cadres, du simple au double le nombre de leurs caries dentaires…

Un point fondamental est que ce n’est pas la déficience de notre système de soins qui est en cause, mais celui de notre système de santé. L’accès à la santé est plus discriminant que le soin de la maladie.

Qu’est-ce que l’accès à la santé ? L’information, la prévention, l’accès à des conditions de vie non génératrices de maladie (logement, alimentation, activité physique, estime de soi..).

« La réduction des inégalités de santé est au coeur de la cohésion sociale » dit Martin Hirsch, en introduction de ses rapports. Parmi les « chances d’égalité » d’un enfant (mais aussi d’un adulte ou d’une personne âgée) sa condition physique vient en tête de toutes les autres. On appelait cela la « santé publique », je crois que c’est désormais de « santé sociale » qu’il faut parler : donner à chacun les moyens de son autonomie et de son développement.

Moi, finalement, je trouve ça assez « sexy » d’être bien dans sa peau….

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