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Le blog est une denrée doublement fragile. Il dépend de son auteur/propriétaire/seigneur et maître (quel mot choisir ?), pas toujours inspiré, quelquefois en panne sèche, quelquefois occupé de tout autre chose), et au moins autant, sinon plus, de la « machine ».

La mienne, « machine », mon petit ordi bien aimé, beau comme une Ferrari, brillant et plat comme la ligne du couchant vue de nos rivages aquitains, a ses humeurs, ses besoins, comme toute chose qu’on aime.

Elle tousse depuis deux jours et donne de ces signes subtils qui appellent l’attention autant que l’affection. Je la conduis donc, à l’insu de mon plein gré comme du sien, chez le docteur des ordis. Diagnostic sans discussion : deux jours d’arrêt, pas d’invalidité à prévoir, la maladie parait bénigne.

Retour à la maison après ces deux jours de séparation : plus rien ne marche. La « machine » en tant que telle, si. Elle fait le même bruit, subtil et amical, son écran a toutes les couleurs de la mer aux premières heures du jour. Tout ça va bien, me rassure, m’apaise. Mais quand il s’agit d’entrer en contact avec le monde, plus rien. Mon ordi chéri, petit compagnon de mes aventures pas bien grandes, refuse tout rapport avec l’extérieur, l’étranger, l’universel.

Retour à l’hôpital. On me dit que c’est moi qui ne sait pas m’y prendre. Pendant des générations, on a pareillement accusés les parents d’enfants autistes : à tort. Je me rebelle donc et j’insiste : non, ce silence n’a rien à voir avec un conflit freudien, non plus qu’oedipien, non plus qu’avec une quelconque maladresse qu’une longue analyse pourrait soulager. Mon ordi, comme moi, a appris, en toutes choses, à faire la part de ces choses.

J’insiste donc. Mon ordi est revu, réconforté, ramené à la réalité, pas toujours exhaltante, mais sans laquelle, par définition, rien n’existe.

Je ramène ordi-mini à la maison. Tous les deux n’en menant pas large. Le week-end arrive, nous savons l’un et l’autre qu’en cas de rechute, nous allons ramer pas mal pour nous remettre sur les rails.

Ce billet est le test. S’imprimera, s’imprimera pas, dans le grand ciel virtuel de nos rencontres ?

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