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Le bouclier fiscal, mesure phare du sarkozysme triomphant, se fissure, ce qui n’est pas de très bonne augure pour un bouclier.

Vendredi dernier, en commission, le Président PS Didier Migaud a proposé de le « redéfinir » afin que le calcul du plafond de 50% prenne en compte l’ensemble des revenus, sans exonérer la part qui, soumise à déducations d’impôts diverses, lui échappe encore. C’était lui porter un premier coup, et aurait constituté une victoire très forte pour notre groupe, difficile à retoquer complètement dans l’hémicycle.

Hélàs, comme à l’habitude, branle-bas de combat à l’UMP, députés appelés en hâte par SMS en salle de commissions et le vote de cette « redéfinition » a été négatif à quelques voix.

Quelques uns des députés et sénateurs les moins obtus de la majorité ont pourtant bien pris conscience du cynisme d’une telle mesure en temps de crise : on demande des efforts supplémentaires aux Français, mais seuls les plus fortunés échappent à ces efforts du fait du bouclier. Pierre Méhaignerie, Gérard Larcher et une poignée d’autres ont demandé une « suspension » du bouclier.

Niet de l’imperatoir élyséen que nous a répercuté hier le Ministre Eric Woerth lors des questions d’actualité au gouvernement. A notre nouvelle interrogation « allez-vous supprimer le bouclier fiscal », le Ministre a répondu sans embages : « Non (nous l’attendions), parce que c’est une mesure de justice fiscale « . Là, nous n’avons pu échapper à un mouvement de surprise.

Explication de cette justice, conception Eric Woerth « c’est justice que dans notre pays personne ne puisse travailler plus d’un jour sur deux pour l’Etat ».

Tollé sur nos bancs : Eric Woerth sait bien que les contribuables sous bouclier ne se lèvent pas chaque matin pour embaucher. Ils gèrent leurs patrimoines, leurs actions… Et d’ailleurs, Johny, non plus qu’aucun de ses semblables, s’est-il réinstallé en France ?

En effet, comment considérer comme « juste » une mesure
– qui met à l’abri de tout effort supplémentaire quand l’ensemble des Français y est au contraire appelé (par exemple pour le financement du RSA)
– qui touche pour l’immense majorité des cas des gros revenus avec des patrimoines plus gros encore.
– qui « rapporte » d’autant plus qu’on dépasse le plafond : les chèques de remboursement sont proportionnels à ce dépassement

Ce sont en France 23 176 personnes qui se sont partagés 221 849 413 euros. Le chiffre moyen de 16 613 euros par tête n’a pas de sens : la poignée de petits contribuables qui en bénéficie cache le fait que pour les plus riches l’enveloppe est beaucoup supérieure.

En Aquitaine, ils sont 499 à avoir empoché 5 212 048 euros.

Alain Juppé, lit-on à chaque page de tous les journaux d’Europe et de Navarre, cherche à se démarquer de Nicolas Sarkozy. Que ne rejoint-il Larcher et Méhaignerie ? Voilà une mesure parfaitement équitable, profitable au budget de l’Etat et surtout plus concrête que de gloser sur le sens de la rupture.

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