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Le 13 septembre 2007, je recevais du Préfet de la région Aquitaine, une mise en garde « sur quelques pratiques et errements qui ont pu concerner des étrangers en situation irrégulière ». Il attirait mon attention sur les peines qui peuvent s’appliquer à « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier, d’un étranger en France » par application de l’article 622.1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

J’étais à l’époque (et au demeurant, toujours) coupable d’accompagner des étrangers me paraissant le mériter dans leurs démarches pour obtenir un permis de séjour, et je me proposais de pratiquer le parrainage républicain de l’un d’eux.

Il s’agissait d’un jeune Kurde, prénommé Bilal. Ceux qui ont vu le film « Welcome » sauront pourquoi je précise l’origine et le prénom de mon jeune homme..

L’histoire de Bilal, ce Bilal bordelais, est toujours en cours : il travaille et reçoit des renouvellement de permis de séjour tous les six mois que nous espérons parvenir à faire pérenniser, car c’est pour lui une épreuve bi-annuelle d’attendre le papier qui l’autorisera à continuer de travailler et de se faire soigner dans notre pays.

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai été très choquée de découvrir qu’une loi de notre République pouvait instaurer un « délit d’humanité » et le groupe socialiste s’est mis au travail pour rédiger une proposition de loi modifiant cet article 622.1

Le film Welcome est sorti à point nommé : il rend sensible « les errements et les pratiques qui concernent les étrangers en situation irrégulière ». Je reprends les mots du Préfet, mais bien sûr non pas à l’adresse de ceux qui les aident mais de ceux qui condamnent ces « aidants ».

Nous avons visionné hier à l’Assemblée « Welcome » en présence du metteur en scène Frederic Lioret et présenté notre proposition de loi. Elle est écrite avec un parfait sens de la mesure et de la responsabilité de manière à ne pouvoir, en aucun cas, faciliter ou absoudre le vilain travail des passeurs ni de tous ceux qui font commerce de la détresse des migrants.

Espérons qu’à l’inverse de la plupart de nos propositions, elle viendra en discussion complète à l’Assemblée et pourra être signée par des députés de toutes sensibilités. Sur ce sujet, le consensus honorerait les députés de droite.

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