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Bordeaux est une fois encore en pointe pour l’application des prescriptions sarkoziennes. Je crains qu’il n’y ait pas lieu de s’en réjouir.

Tout le monde a eu l’écho de la fâcheuse expérience d’une cycliste, rentrant tard à son domicile après avoir bu trois verres de vin. Ce petit écart était prévu et pour cela, elle n’avait pas pris son véhicule mais son vélo. Résultat : mise en garde à vue avec tous les inconvénients qui vont avec : déshabillage quasi-complet, fouille, attentes… Une autre Bordelaise a été tabassée et menottée pour avoir soutenu, avec bien d’autres, des squatteurs que les forces de l’ordre voulaient déloger. Tant d’autres, qui me content leurs mésaventures, sans proportion avec les fautes ou erreurs qui les ont causées.

Je crains que notre ville soit au-dessus de la honteuse moyenne nationale qui chiffre à 1% la proportion des Français ayant fait l’expérience de la garde à vue. Expérience humiliante quand elle ne répond pas avec justesse et mesure à ce qui y amène. Pour ma part, j’ai été -à ma connaissance- la seule députée recevant du Préfet un rappel des rigueurs de la loi et une mise en garde pour avoir aidé et parrainé des travailleurs sans papiers.

Le Directeur de la Sécurité publique, Albert Doutre, qui accompagne le Maire de Bordeaux à chaque conseil de quartier pour y faire état de son zèle et de ses résultats, explique que ces placements en garde à vue n’ont d’autre but que de permettre aux « gardés » de faire appel au secours d’un avocat.

Un avocat pour des fautes vénielles, n’entrainant ni risques, ni dommages, où sommes-nous ? En réalité, il s’agit tout bonnement d’excès de zèle pour complaire aux directives sarkoziennes et satisfaire au désir de résultats du Maire de Bordeaux. Les délits qui n’en sont pas sont les plus faciles à élucider et améliorent d’autant les statistiques locales, généreusement projetées, commentées lors des conseils de quartiers.

La répétition de ces excès a ému la Ligue des droits de l’Homme qui s’est résolue à mettre en place, conjointement avec le syndicat de la magistrature et celui des avocats, une commission qui peut être saisie par les citoyens qui s’estiment abusivement pénalisés. Elle enquête alors et publie le résultat de son enquête.

Espérons que cette commission aura au moins un rôle dissuasif et tempérera l’ardeur des amis de l’ordre mais pas de la mesure.

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