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C’est au Cambodge que se tient cette Assemblée Parlementaire Francophone. Au Cambodge où quelques rares petits pourcents de Cambodgiens parlent français et où tous ceux qui le pratiquaient furent il y a 30 ans exterminés.

Dernière lueur d’un monde fini ou affirmation d’une volonté ? Hélàs, rien ne me donne à croire, ni même à espérer en la deuxième hypothèse. Notre aide au développement a diminué de moitié dans ces trois dernières années, nous n’accueillons qu’un nombre trop restreint d’étudiants et un risque lourd pèse sur les postes de fonctions d’internes étrangers dans nos hôpitaux.

Car enfin que reste-t-il ici de fort et de vivant venu de notre pays et portant notre langue ? Eh bien, la médecine et la recherche. L’hôpital Calmette est le premier du pays, l’institut Pasteur assure chaque jour plusieurs milliers d’examens biologiques et concentre ici sa recherche sur les résistances acquises aux traitements de la tuberculose. A la faculté de médecine, la majorité des cours sont donnés en français et dans les services, les médecins parlent encore français.

Pas les médecins d’autrefois : il n’en restait de vivants que 26 dans tout le pays lors de la chute des Khmers rouges, comme ne restaient que 6 livres que l’on ait pu retrouver à la bibliothèque nationale. Pas les médecins d’autrefois mais ceux d’aujourd’hui et de demain et tout de suite on m’a confié l’inquiétude qui entoure leur possibilité d’acquérir dans notre pays les spécialités qui manquent encore et d’exercer dans nos hôpitaux comme fonctions d’internes. Pourtant les médecins cambodgiens, au contraire de nombre d’Africains, ne s’installent pas en France mais reviennent exercer chez eux et reconstruire le système de santé.

Ombre qui m’a frappé le coeur : la première conversation que j’ai échangée avec les responsables du système de santé a été pour m’exprimer le regret -et aussi le reproche- que Bordeaux ait abandonné Santé Navale et avec elle, son avenir d’université tropicaliste. Ici comme dans de nombreux endroits dans le monde, la médecine tropicale et la recherche en pâtissent : beaucoup de maladies progressent, d’autres apparaissent (les SRAS en particulier) et notre expertise manque. Combien il était plus important de conserver Santé Navale que de vendre quelques milliers de mètres carrés de terrains municipaux au monde des affaires dans le cadre d’Euratlantique ! Comme tout cela fait mal.

Une fois encore, je fais l’expérience du langage universel et consensuel de la médecine. Mes 45 années d’études médicales (c’est une expression plus juste qu’on ne peut le croire) me sont formidablement utiles dans mon « métier » de députée et une fois encore aussi, je mesure combien il est important que la politique soit nourrie de tout autre chose que la politique.

Demain, nous entrons dans les compte-rendus et les débats autour de l’évolution des législations et des mentalités dans tous les pays francophones représentés.

A demain.

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