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Jusqu’où ce gouvernement ira-t-il dans la dévalorisation de la chose publique, la perte de sens et la confusion des genres ?

Nous apprenons aujourd’hui que Préfets et sous-Préfets touchent depuis fin 2009 des « super-primes » (indemnités de fonction) quand ils alignent des résultats qui satisfont le gouvernement. Elles peuvent atteindre 66 000 euros par an et sont attribuées à la discrétion du Ministère de l’intérieur pour les Préfets (et des Préfets eux-mêmes pour leur sous préfets). A leur maximum, les primes de ces hauts fonctionnaires représenteraient un total -c’est à dire une charge pour les contribuables- de __26 766 000 euros.

Les Préfets, représentants de l’Etat, garants de son impartialité et de son indépendance de toute pression, se voient aujourd’hui appliqués une logique managériale, à l’opposé du sens de leur fonction.

On rappelle qu’un Préfet ne représente pas le chef de l’Etat, non plus que le gouvernement, mais l’Etat. Il vient en premier dans son Département ou sa Région dans l’ordre républicain pour bien montrer la prééminence et l’indépendance de sa fonction sur la totalité des fonctions électives, administratives, religieuses…

Imagine-t-on qu’il puisse travailler à la prime ? Ceci d’autant que l’évaluation de ses résultats est hautement sujette à caution : les résultats chiffrés ne montrent rien d’autre que la prééminence de la politique du chiffre sur le travail de fond et les résultats administratifs risquent bien d’être mesurés à l’aune de la politique partisane du gouvernement.

En outre, dans cette période de rigueur et alors que les fonctionnaires, stigmatisés comme « trop coûteux », seront parmi les premiers touchés par les mesures actuelles (gel de salaires, hausse de cotisations… ), ces primes sont également insultantes pour la fonction publique à laquelle elle donne une fois de plus le spectacle d’une gestion à deux vitesses, où le salaire des uns est gelé quand d’autres sont récompensés en fonction de leur proximité du pouvoir.__

A l’évidence, cette politique de pourboire n’a d’autres buts que de raffermir la main mise par ce gouvernement sur le corps préfectoral, coupable a priori de préférer le service de l’Etat à celui de son chef.

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