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Récemment, Alain Juppé, en continuelle attente d’un poste ministériel, volait au secours de la réforme des retraites présentée par le gouvernement. « Juste, équitable, pour des raisons économiques autant qu’humaines ». Et d’en ajouter une couche sur le report de l’âge de départ et sur la nécessité de la convergence entre public et privé.

Peut-on juger bon pour les autres ce qu’on ne s’applique pas à soi-même ? Et j’ai regretté que les deux journalistes qui recueillaient ses déclarations ne l’aient pas interrogé sur ce point. La mise en convergence du dire et du faire est la condition de la crédibilité des politiques. S’ils continuent de considérer comme véniel le fossé entre leurs déclarations et leurs actes, plus personne bientôt n’ira voter.

L’exigence d’exemplarité des responsables politiques est aujourd’hui une urgence.

Evoquer un cas n’est en aucun cas une attaque personnelle. Les données sont connues, elles ne couvrent rien d’illégal et je n’en aurais pas parlé sans cette déclaration du Maire de Bordeaux sur les retraites, et en particulier en pensant à celles des fonctionnaires « ordinaires » qui vont être gelées. J’ajoute que je ne l’aurais pas même détaillé sur ce blog sans l’infinie médiocrité d’un tract signé de l’ump à ma simple constation des faits.

Quelques principes sur ce dossier me paraissent fondamentaux :

-nul ne doit toucher de pension de retraite avant l’âge légal de départ de l’ensemble des Français (exception pour les militaires)

-le cumul pension-salaires ou indemnités doit être refusé

-on ne doit recevoir une pension qu’au prorata du temps où on l’a éxercé (c’est d’ailleurs le cas général)

A ces trois principes, la situation d’Alain Juppé déroge, en plus de venir en contradiction avec la réforme des retraites qu’il approuve aujourd’hui.

A l’âge de 57 ans, et alors qu’il n’avait éxercé la fonction d’inspecteur des finances (tout en continuant de cotiser) qu’une dizaine d’années, Alain Juppé a fait valoir ses droits à la retraite, au lieu de cotiser jusqu’à 65 ans, âge de départ normal des inspecteurs des finances.

Depuis l’âge de 57 ans donc il touche 6000 euros à ce titre.

Il reçoit par ailleurs une pension de retraite pour ses mandats d’élu, et en particulier de parlementaire, d’également 6000 euros, soit 12 000 euros mensuels.

Par plaisanterie disons que ce montant lui permet d’acheter chaque mois les cigares que Christian Blanc a facturé en notes de frais. Et pourtant Alain Juppé ne fume pas !

Le cumul de ces pensions fait du Maire de Bordeaux le 4 ème plus cher pensionné de la fonction publique. Les deux premiers sont les anciens Présidents Giscard et Chirac, ce qui parait logique. Le 3 ème est Jacques Delors qui a éxercé de hautes fonctions européennes. Tous les trois n’ont à ma connaissance pas de fonction salariée, non plus que d’indemnités. Je dis bien : à ma connaissance.

A ma certitude par contre, Alain Juppé cumule cette double pension avec ses indemnités de Maire et de vice-Président de la CUB. Et, alors qu’il reçoit une retraite de député, se positionne pour le redevenir.

La République est bonne fille : dans quel mêtier, pourrait-on recevoir la retraite lui correspondant et y prétendre à nouveau ?

Tout cela est parfaitement public. Je ne dévoile rien, mais oui, absolument oui, je m’inquiète. Sur ce sujet, comme sur ceux traités dans les billets précédents.

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