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C’est comme après un cambriolage : je ne me sens plus tout à fait à la maison même dans ce que j’écris.

J’ouvre pour la première fois mon petit ordi après avoir découvert ce matin la disparition de mon billet de la veille, et je le fais presque à contrecoeur, du moins sans ce sentiment agréable de retrouver un petit monde à la fois très privé (comme l’est l’écriture) et très public, puisqu’elle est aussitôt ouverte, sans ce temps de pause, quelquefois très long, entre écriture et parution.

Là, j’entre dans mon petit domaine, un peu comme s’il y avait derrière l’écran un regard scrutateur ou un main malveillante. Tout cela est peut-être affabulation pure et simple, imagination blessée par les désagréments des trois mois passés, évoqués dans le précédent billet. N’empêche qu’il va me falloir un peu de temps pour me réconcilier avec ces petites récrés qui me sont si chères. Ouvrir mon ordi sur mes genoux, changer de pièce s’il y a du bruit à côté de moi ou même rester au milieu de la foule, simulant quelquefois de prendre des notes, pour jouer avec mon petit clavier.

En réalité je prends des notes, mais pas toujours sur le sujet qui est en cours, sur celui qui est passé par là, sur l’impression la plus forte de la journée entrain de s’effacer, sur un instant de calme ou sur une fureur rentrée.

Le billet dérobé n’avait aucune raison de l’être : une analyse je crois objective des efforts qui ne sont pas faits pour garantir l’égal accès des patients aux soins et, plus généralement, à la santé. J’y analysais notre proposition, ces derniers jours à l’Assemblée de plafonner le nombre de médecins d’une même spécialité dans les zones de surpopulation médicale. Pas de quoi me donner la moindre chance d’expérimenter la garde à vue new look, qui va être entre nous une belle pagaille. On a dans ce pays depuis quelques années tellement l’habitude que les lois ne soient pas appliquées que quand on précipite l’application de l’une d’elle, comme la cour de cassation vient de le faire, on est tout saisis et désemparés. Drôle de pays où les lois sont présentées pour répondre à l’actualité immédiate et votées pour somnoler dans un tiroir.

Bon, ça va revenir, il faut me laisser un peu de temps…

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