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Je parlais de lui il y a peu, lui qui m’a accompagnée amicalement dans bien des circonstances, qui m’a entraînée à sa suite dans les rues d’Alger et les routes de Kabylie. Jamais absent, trouvant le mot juste, la phrase qui reste dans les moments de moral moyen tendance médiocre, d’interrogation ou de déception (qui ne sont, de nos jours, pas chichement comptés), il réapparaît dans les médias à l’approche de l’anniversaire de sa mort imbécile, le 4 janvier 1960.

Camus aurait 97 ans. Rien n’empêche de penser qu’il pourrait être encore présent et répondre en personne à notre vénéré Président. C’est ce que j’imaginais dans mon billet du 29 octobre.

C’est à ses enfants, « les jumeaux » Jean et Catherine, de répondre aujourd’hui. J’ai toujours eu de l’admiration pour eux deux, que je n’ai jamais vus, qui ne font parler d’eux qu’à l’exception, à l’occasion par exemple de la publication du « Premier homme », dont le manuscrit incomplet a été retrouvé près de la Facel Vega qui a tué Camus. De l’admiration pour cette discrétion, ces interventions rares et toujours opportunes, ce que l’actualité confirme.

J’imagine qu’ils sont tous les deux « légataires universels » de la pensée et de l’oeuvre de Camus. Jean refuse, Catherine hésite et cette hésitation est infiniment honorable : « Il était la voix des pauvres et des modestes et cela a un sens que le souvenir de cette voix puisse être aujourd’hui au Panthéon ; mais que cette voix ne soit pas instrumentalisée… ».

Tout cela est juste, le refus comme le doute. Le refus, parce que Camus répondrait aujourd’hui haut et fort à Sarkozy comme à la politique gouvernementale si « Combat », comme lui même, existait encore. Le doute parce que dans 20 ans, Sarkozy sera loin, loin l’idée que c’est lui qui l’a fait entrer au Panthéon, et que Camus sera toujours présent.

C’est ça, la bonne question, et même la réponse : Camus n’en a pas besoin, Sarkozy, si.

Alors, camusienne de base, je me sens plus proche de Jean tout en comprenant Catherine. Mais l’un et l’autre sont respectables.

A Sarkozy, je ne demanderais qu’une chose : a-t-il lu « La Chute » ?

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