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Hervé Mathurin du journal Sud Ouest a la gentillesse de me demander ma réaction après l’annonce de la mort de Georges Frèche. Comme c’est difficile, à brûle pourpoint, de s’exprimer sur un événement qui ne peut qu’être triste et qui en même temps m’est un peu indifférent.

On ne peut qu’être triste de la mort (je n’aime pas le mot « décès », que je trouve pleutre en face de ce qui est simplement la mort) de quelqu’un de talentueux et de cultivé, qui a passé une grande partie de sa vie à travailler pour sa région et pour sa ville. La mort, je l’ai exprimé un peu brutalement en intitulé de ce billet, c’est pas mon truc, ça me rend triste, et pour parler en terme électoral, je suis contre.

Ma seule rencontre avec Georges Frèche a été un meeting en vue des élections municipales de 2001 qui ont marqué mon entrée, sur la pointe des pieds, dans la vie publique. Brillant, chaleureux, orateur plein de verve, il a soulevé la salle. Tout le monde après l’avoir écouté s’est senti plus heureux, plus fort, plus socialiste, ce qui est l’objet même d’un meeting.

Quelques paroles échangées après la réunion dont je n’ai rien gardé.

Depuis lors, cet homme plein de culture et de dons, a bien souvent flirté avec la transgression, ce qu’ont fait à des degrés très différents des hommes politiques pas toujours très recommandables. Remarquons au passage que les femmes n’en sont pas coutumières, bien que la tentation, au moins au plan du vocabulaire, me vienne souvent.

Georges Frèche a soutenu Ségolène au moment des présidentielles et après elles. Dans les quelques réunions auxquelles j’ai participé, j’ai conseillé la prudence qui consistait à ne pas s’afficher trop souvent avec lui. Sans conviction majeure, il n’a jamais été pour moi un pôle d’action, ni de réflexion politique à rejoindre non plus qu’à éviter comme la peste.

Au total, la mort de Georges Frèche m’a affectée tellement moins que la mort de nombre de mes malades aussi talentueux et cultivés dont personne n’a parlé. Je n’ai pas osé m’exprimer aussi brutalement et plus encore, j’esssaye de ne pas mélanger les genres.

Et pourtant, en écrivant ce billet, je suis triste. La mort, « cette aventure horrible et sale » que détestait Camus bien des années avant de la connaître, je ne l’aime pas tellement non plus.

Voilà. C’est tout.

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