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Aujourd’hui encore, notre excellent quotidien régional consacre un morceau de papier à cette taraudante question : ira-t-il ou n’ira-t-il pas ? Et s’il y va, il ira où ? On interroge les signes, les silences, le ciel, les nuages, les sourcils sarkoziens, le haut front municipal et c’est chaque jour une nouvelle émission, un nouvel entretien avec l’intéressé, une nouvelle confidence d’un proche ou d’un moins proche. Le dernier recours était Paul le poulpe : trois fois hélas, nous déplorons depuis hier son décès. Le Juppé-thon ministériel ne connaîtra décidément pas son issue avant mi-novembre.

L’été dernier, où nous aurions pu risquer, pendant les vacances de notre premier édile, une réaction brutale de sevrage de notre page juppéenne de chaque jour, notre quotidien nous a tenu en santé avec un autre type d’interrogation :

 » « Il fait beau aujourd’hui, mais demain, il peut pleuvoir ». Cette phrase est-elle d’Alain Juppé ou de Laurent Blanc ? » Je connais des Bordelais qui n’en dormaient plus de cette incertitude chaque jour renouvellée, de ce doute et de cette attente.

Ce n’est plus de la couleur du temps qu’il s’agit, mais de quelque chose d’infiniment plus existentiel. « Juppé or not Juppé in Paris » ? Shakespeare lui-même n’a pas été aussi loin dans l’expression de ce combat entre l’essence et l’immanence qui taraude les hommes.

Je collectionne tous les articles sur le sujet. Quinze jours encore et l’on verra que Shakespeare, qui a pourtant fait couler beaucoup d’encre avec son petit « to be or not to be », finalement bien banal et sans conséquences pour la République, est définitivement dépassé.

Au moins auprès des lecteurs bordelais.

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