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C’est autour de la République que Martine Aubry a choisi d’articuler son discours de clôture de ces journées parlementaires. La République qui pose la loi, garantit l’égalité des citoyens, affirme des valeurs communes qui nous font condamner la burqa, l’excision, la polygamie, assure nos libertés, dont l’une est la sécurité.

La République ce sont des institutions stables qui fonctionnent, que Nicolas Sarkozy a bousculé en s’arrogeant tous les pouvoirs, en traitant son Premier Ministre de collaborateur, en dictant ses ordres aux Parlementaires, comme nous l’avons vu à son comble la semaine dernière à l’Assemblée.

En 2012, nous rétablirons la séparation des pouvoirs en remettant le Parlement au centre de la vie politique. Limitation des votes bloqués et des procédures d’urgence qui éludent le débat. Nous mettrons en place un statut de l’élu permettant le non cumul des mandats.

La République, ce sont aussi des contre-pouvoirs. Et d’abord une justice indépendante. Clearstream, Karachi, Bettencourt, ces affaires ont démontré l’intervention incessante du pouvoir. Un juge d’instruction, un vrai conseil supérieur de la justice, des prétoires qui ne soient plus transformés en meetings, des propositions telles que celle de Brice Hortefeux de juges élus qui n’ont d’autre but que d’affaiblir la justice.

Et aussi, la liberté de la presse. Les patrons de presse ne peuvent plus être des patrons de grands groupes, les services secrets utilisés à enquêter sur les sources des journalistes.

La République, c’est aussi une organisation décentralisée, avec des collectivités territoriales fortes, garanties de proximité et d’efficacité. Les Français ont besoin des départements et des régions. Nous aurons un acte III de la décentralisation qui dotera la France de grandes régions et de grandes métropoles, avec la garantie d’une peréquation nationale assurant aux territoires les plus en difficulté l’appui de la communauté nationale. Nous donnerons à ces collectivités une autonomie fiscale et une autonomie de gestion qui sont la base de la décentralisation.

Les fondements de la République sont aussi attaqués quand les intérêts politiques se confondent avec les intérêts d’un parti. Comment peut-on être en charge du découpage électoral au gouvernement et sercrétaire national de l’UMP aux élections comme l’est Alain Marleix ?

Tous les précurseurs de Nicolas Sarkozy ont incarné avec dignité la fonction présidentielle, tous ont laissé une trace. Dans cet esprit nous pouvons nous interroger sur ce qui restera de Nicolas Sarkozy.

« L’amour de la République, c’est d’abord un état d’esprit » comme le disait Pierre Mendès France. Humilité, vérité et dignité. L’autorité se mérite, elle ne se décrète pas.

Nicolas Sarkozy a montré quelles sont ses méthodes en disant « on est un grand ministre de l’intérieur quand on est au centre de la polémique ». La diversion élevée au rang de stratégie gouvernementale.

Notre devoir aujourd’hui est d’être un pôle de stabilité, de confiance et de propositions. Redonner un sens à la République, redonner son honneur à la France, poser sur la table des propositions crédibles, dire comment nous les financerons et pourquoi nous les faisons.

Mais nous devons aussi agir avant 2012. Les Français savent que penser de notre force de protection sur les territoires. Nous allons aborder le budget à l’Assemblée. Le budget, ce n’est pas un dossier technique, c’est la définition des priorités et là aussi nous serons priorités contre priorités, projet contre projet.

Le plan de relance s’arrête en 2011. Seize milliards d’euros qui manqueront pour une reprise de la croissance. Suppression du bouclier fiscale, réduction du plafond qui est actuellement de 20 000 euros, plus 8% de ses revenus, ce qui fait que plus on est riche, plus on peut bénéficier de déductions.

Avec la Réforme des retraites, c’est la République qui est en cause, parce que c’est l’égalité qui est en cause. Nous serons avec les syndicats le 23 dans la rue. Rappelez-vous le CPE, il avait été voté, mais il n’a pas pu être promulgué parce que les Français ont dit non.

Un discours de 52 minutes, énergique, serré, exprimé d’un ton rapide débouchant sur cet appel à la mobilisation.

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