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48 heures « hors service ». Aussi drôle que cela puisse paraître, c’est presque long, tellement mon habituelle immersion dans l’actualité est forte, légitimement forte dans la période et dans mon job actuels. Une cloche tinte au loin, au moment précis où j’écris ces mots. Il n’y a pas que dans la nature que l’homme vit dans une forêt de symboles.

Symboles justement. Jour sans plus d’intérêt que la veille ni le lendemain, mais demain je vais verser dans une année de plus, dont on sait à mon âge qu’elle est d’abord une année de moins. Année importante puisqu’elle est pour les médecins hospitaliers « l’année où sonne la retraite » comme dirait Carmen, dans un opéra du même nom.

Année importante puisqu’elle va me priver d’une liberté qui m’a gardée éloignée de l’état de dépendance de tout candidat à la veille d’une élection. Reçue, collée (=élue, battue), me disais-je jusqu’alors, le lendemain matin, je serai à l’hôpital et au bout d’une heure, l’importance de ce qui s’y noue m’aura sorti le nez de cette tension électorale qui est, reconnaissons-le, extraordinairement forte.

L’enjeu de cette année n’est pas le mien et je le sais, même si j’ai conscience d’en être un atome pas totalement négligeable. Je commence à découvrir dans les médias ce psychodrame qui ressemble à ce qui entoure la bourse et les marchés. Hollande dit un mot (ou même ne le dit pas), les chiens d’abois de l’ump sautent dessus, la meute est lancée, les ouvriers sont à l’oeuvre pour fissurer l’image de notre candidat.

Je disais « un atome pas totalement négligeable » : ceci bien sûr, non pas dû à ma seule force, mais aux titres multiples de mon concurrent. Il y a des moments où, j’ose le dire, j’ai envie de rentrer dans mon trou en face de sa double formidable machine, municipale et ministérielle. Il y en a d’autres, où je me sens comme les chats en face d’un adversaire plus fort, mon poil se gonfle, je me sens non seulement prête, mais la plus forte. Et on remarquera que les chats sont rarement mis à terre.

C’était le cas tout à l’heure, lisant que Juppé avait dit dans je ne sais quelle radio* de je ne sais quel pays étranger (ce qui est fondamentalement une faute) que « le candidat socialiste n’avait pas le début d’une idée ». Et lui ? En a-t-il démontré la moindre, avec ses critiques pincées des mois précédant son accession au Ministère tant attendu, ou depuis alors que Sarkozy impose ce qu’il a autrefois condamné du bout des lèvres, comme la TVA sociale ?

C’est pas ma faute, j’aime le courage, la constance, tous ces trucs pas possibles, pas « sexy » pour un sou mais qui sont seuls capables de sortir du trou, les autres comme soi-même, aujourd’hui plus que jamais.

  • il s’agit d’une radio portugaise et on sait qu’il n’est pas de mise pour un Ministre de s’exprimer à l’étranger sur les affaires intérieures de la France, moins encore sur une campagne électorale

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