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Chers, les hôpitaux, et en particulier chers au coeur du Président de la République ?

à voir…

Nous avons eu mardi dernier à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée la présentation du rapport de la Cour des comptes sur « l’application des lois de financement de la sécurité sociale ».

Comme l’a dit, avec l’humour très fin et policé des grands commis de l’Etat, le premier Président Philippe Seguin « la Cour est habituée de la litote », et en tous cas elle n’est pas familière des titres chocs.

C’est donc sous un masque feutré et technocratique que Phillippe Seguin nous a dit, en substance, que les réformes du système de santé (un emplâtre ici, un suppositoire là) qui se succèdent depuis des années n’avaient pas eu plus d’effet qu’ « un cautère sur une jambe de bois », comme nous disons en médecine, et qu’il n’y avait que pire à attendre de la dernière en date. Déficit pour 2008 : dix milliards d’euros.

Bien sûr, l’Hôpital a sa part. Philippe Seguin a pointé nombre d’ erreurs de gouvernance et de gestion en 2008 : des blocs opératoires construits à grand frais avec les crédits « hôpital 2007 » qui n’ont jamais été ouverts, des différentiels de personnel médical pour des services d’orthopédie de même activité allant de … 1 à 10. L’Hôpital avec un grand H n’est pas exempt de défaut de gestions et de mauvais choix. N’exonérons pas non plus les politiques qui ont,ici ou là, pesé de tout leur poids pour obtenir un équipement quand ils n’avaient pas dans leur territoire les malades pour les utiliser.

La palme de l’aberration revient pourtant au mode de paiement des « bénévoles » de la coupe du monde de rugby… qui ont été payés en trimestres de retraites, quand on remet en cause aujourd’hui ceux acquis par les mères de famille élevant seules leurs enfants !

Et pourtant… L’aberration maximale vient du fait que l’expertise et l’avis de la cour des comptes s’arrêtent à la porte des établissements privés.

Scandaleux, inadmissible, je n’aime guère les mots forts (peut-être à l’exemple de la Cour), mais comment peut-on supporter que les cliniques ou les maisons de retraite privées soient exemptes de contrôle alors qu’elles sont financées par de l’argent public ?

Trois raisons à cette indignation ;
– je viens de le dire : le financement des établissements privés de santé (cliniques et autres, par de l’argent public)
– l’impact, sur le fonctionnement d’un hôpital, des établissements privés voisins, qui peuvent pratiquer un véritable « dumping » médical et technique, puisqu’ils n’ont à charge, à ce jour, aucune des missions de service public des hôpitaux (urgences, enseignement…)
– et aussi, la « fongibilité » que vient d’introduire la loi HPST entre les structures publiques et privées, avec en particulier le transfert, au choix du privé, de missions de service public au privé (pas forcément les plus coûteuses, on s’en doute)

Philippe Seguin a opiné quand j’ai posé la question. Opiné sans excès de commentaires, en raison de son devoir de réserve mais, sans m’avancer beaucoup, je pense qu’il n’était pas radicalement en désaccord avec ma position. (Je viens de faire à ce sujet une question écrite à Mme la Ministre de la Santé que l’on trouvera dans la page « Assemblée »).

Dépassons un peu le strict aspect législatif de ce billet.

Je ne sais si les hôpitaux sont chers au coeur du Président de la République, ils sont pour le moins chers, c’est à dire coûteux, pour leur budget et pour le nôtre.

Deux cent mille euros pour une déclaration à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif, 48 heures de paralysie de son activité, alors que des malades attendaient depuis trois mois leur consultation, l’arrêt de toute transplantation pendant le même temps, quel homme, fût-il l’envoyé de dieu sur terre, peut-il endosser cette responsabilité ?

Cet homme existe et je propose que ses déplacements soient eux-aussi examinés par la Cour des comptes.

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