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Superbe succès ce soir à Bordeaux de notre réunion publique « fiscalité ». Les Français ont compris qu’il s’agissait du noeud gordien de l’éxercice de l’Etat. Pas de République sans justice, pas d’Etat sans claire gestion de l’argent public.

Ils ont compris aussi qu’ils avaient été bernés pendant 5 ans. Toute récente députée en 2007, je n’oublierai jamais la présentation de la loi TEPA par Mme Lagarde : un « choc de croissance » et un « choc de confiance » devaient immanquablement suivre sa mise en application. Ce n’était pas crédible. Ses trois éléments moteurs, bouclier fiscal, défiscalisation des heures supplémentaires, réduction des droits de succession pour des patrimoines élevés, allaient tous les trois en sens contraire de la justice et de la confiance. On a vu la suite.

Les Français comprennent aussi l’enfumage qui va avec les dernières cartouches tirées par Nicolas Sarkozy et le Gouvernement en place : TVA dite sociale, prime pour l’emploi, tout cela n’est que mystification, habillage de mots trompeurs, que ne peuvent avaler que ceux que la complexité de la fiscalité déroute ou tient carrément à l’écart.

Ils ont envie de savoir. Ils ont envie de comprendre et de juger.

Et c’est ce qu’ont fait deux heures durant mes experts, le Pr Edwin le Héron, l’inspecteur divisionnaire des finances publiques Bernard Blanc. Pédagogues quand le sujet était technique, politiques quand il s’agissait de l’élever au dessus de la technicité, pour comprendre les enjeux macro économiques qu’impliquent la question.

Comme disent les théâtreux, le succès de la soirée est venu aussi de l’intelligence du public. Remarquables questions sur la fiscalité locale, l’évasion fiscale, les raisons fiscales de l’enchérissement du foncier et des loyers et aussi ces fameuses « niches » si délétères qui ont fait perdre à l’Etat la maîtrise de sa gestion.

Car c’est là la question essentielle. En remplaçant les subventions (trop visibles) par des défiscalisations (plus insidieusement séduisantes), lesquelles amènent souvent le contribuable à payer deux fois (une fois pour financer les avantages consentis, un deuxième fois pour éponger leurs effets délétères), l’Etat a perdu la maîtrise des comptes publics.

La clarté des propositions de Hollande, la mise au coeur de ses engagements de la réforme fiscale (ce qui n’est pas très sexy pour un candidat) relève de cette exigence d’explication et de justice où se trouvent aujourd’hui les Français.

Avant de faire justice, la fiscalité ce soir a fait recette. Le signe est de bon augure.

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