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Bien souvent, quand j’entreprends un discours, j’annonce trois, quatre ou cinq points, et selon l’inspiration du moment, j’en ajoute ou j’en enlève, si bien que je ne me retrouve pas souvent avec le bon compte !

C’est exactement le cas ici, et pour que les trois points annoncés ne deviennent pas quatre, j’ai marié les deux derniers qui d’ailleurs ont clairement à voir entre eux.

Une erreur environnementale. C’est dans le dossier du travail du dimanche, le point qu’on oublie le plus souvent. Ouvrir les magasins, surtout en périphérie des villes, va mettre sur les routes de très nombreuses voitures qui seraient restées sagement dans leur stationnement habituel. Plus gravement encore, cela va entrainer un jour de plus par semaine le chauffage et l’éclairage de bâtiments monstrueux, très éclairés, avec des rayons entiers de réfrigération voraces en énergie. Pour nourrir un des amendements que j’ai déposé sur le texte, je cherche le coût en KW d’un jour de fonctionnement de Carrefour ou d’Auchan. Monstrueux, sans aucun doute. Quelqu’un peut-il me renseigner ?

L’erreur la plus grave, elle aussi en contravention totale avec le Grenelle de l’environnement, est de mettre la consommation au centre de tous les jours, y compris cette journée protégée jusqu’alors et destinée à tant d’autres activités plus belles, plus intéressantes, plus fondamentales que de promener son caddie (et ses enfants) entre les rayons des grandes surfaces.

Les répétitions de la chorale, les parties de foot, les rencontres de la société linnéenne, la compétition de judo du gamin devant les yeux admiratifs de ses parents, la visite du parc ornithologique, tout ça c’est le dimanche que ça se passe, et le dimanche que ça peut se passer en famille. De même la recherche des champignons dans le petit bois près de chez la grand-mère, la chasse au canard avec le copain de boulot, le marathon du Médoc, la chasse à la bécasse avec Alain Rousset ou la journée dans une palombière avec Gilles Savary : tout ça, c’est le dimanche !

Même les choses embêtantes (dont on se rend compte longtemps après combien elles étaient précieuses) ça se passe le dimanche : les 95 ans de l’arrière-grand-mêre, la peinture de la cage d’escalier en famille, la révision de la compo d’histoire chez l’oncle prof, le déménagement du petit, la communion du grand…

Est-ce que nous voulons fabriquer des petits loulous dont les souvenirs auront pour cadre les silos éclairés au néon des grandes surfaces et dont les ambitions seront d’avoir des baskets fluo fabriqués en Chine ?

Au temps où l’on nous bassine à dire que « le XXIème siècle sera le siècle de la société de la connaissance ou ne sera pas », quand aurons-nous le temps d’apprendre ? Je ne parle pas de l’école, mais de ce trésor plus précieux encore qui est ce qu’on apprend tout seul et dont on découvre tout seul le désir.

Et puis le dimanche, c’est aussi le temps du silence. Ce silence si précieux, qui manque si fort à notre époque, et que l’on veut définitivement bouter hors de nos cerveaux.

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