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Le projet de loi qui nous avait été annoncé pour juin revient sur nos tables, avec passage annoncé à l’Assemblée mi-décembre.

Pourquoi mi-décembre ? Parce que le gouvernement espère faire mieux passer ainsi le projet dans l’opinion, comptant que les Français se disent, à l’approche de la corvée des achats de Noël : « finalement, c’est commode de pouvoir faire ses achats le Dimanche… ». La politique est un art tout de stratégie, d’opportunités et d’évitements. Le billard est, à côté, un simple jeu de hasard. Nous l’apprenons en ce moment à nos dépens.

Pour nous, le travail du dimanche, c’est non, et trois fois non !

Parce que c’est une triple erreur et, au total, une faute.

Une erreur économique d’abord : ni la consommation, ni la croissance, ni le pouvoir d’achat n’en bénéficieront.

– Comment les salariés pourront-ils dépenser le dimanche l’argent qui leur manque la semaine ? La consommation sera autrement répartie, elle ne sera pas plus importante et elle risque d’être plus compulsive, moins raisonnée. Au mieux, les achats dominicaux se substitueront aux achats de la semaine et la consommation sera un jeu à somme nulle ; et avec eux la part de croissance qui en dépend.

– L’ouverture du dimanche se traduira par une augmentation des prix. Elle est d’ores et déjà chiffrée à 4%, à la charge de l’ensemble des consommateurs, même les plus réfractaires aux achats du dimanche. Cette augmentation des prix est liée à une augmentation des charges fixes de 15% (électricité, chauffage, gardiennage… correspondant à un jour de plus de fonctionnement) et à un moindre degré à l’augmentation des salaires.

– L’augmentation du pouvoir d’achat des « travailleurs du dimanche » ne touchera que peu de personnes et pas du tout dans la proportion annoncée. Le doublement de salaire est un leurre : il ne concernera que les employés de structures où il n’y a pas eu d’accords négociés et où la décision est prise unilatéralement par le patron. Dans des secteurs comme la grande distribution, les accords seront imposés de fait en raison de la pression existant sur les salariés et de leurs très faibles revenus.

– Dans ce secteur, le travail du dimanche va favoriser le temps partiel, déjà très largement utilisé. Mais il ne fera pas un chômeur de moins.

– L’éventuel doublement de salaire va creuser l’écart entre ceux qui travaillent déjà le dimanche (personnel soignant et médecins, policiers, conducteurs de bus…) et ceux qui y accéderont en dehors d’accords cadres.

En réalité, le bénéfice économique évoqué par le gouvernement est un cadeau aux grands groupes de la distribution (déjà bien lotis par la levée des limitations à leur installation grâce à la loi dite de « modernisation de l’économie »). L’intérêt réel pour le pays est nul. Aux Etats-Unis, pays du 7 jours sur 7, on revient sur cette pratique, toutes les études démontrant que le solde est négatif.

(voir aussi sur ce sujet les billets du 1er juin 08, 11 decembre 07 et 23 janvier 08)

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