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Première question d’actualité pour moi à l’Assemblée hier. C’est une épreuve : brouhaha, Président qui presse de finir bien avant que l’on ait épuisé son temps, et ceci d’autant plus que je passais en avant dernière position , quand d’autres (en général les ministres) ont répondu au delà des deux minutes et demi généreusement allouées à chacun.

Comme nous devons écrire ces questions, j’en donne ici le texte. La question faisait suite à la déclaration de Nicolas Sarkozy au internes lors de sa visite au CHU (voir billets précédents).

Hier lors de son discours de Bordeaux, le President de la République a annoncé qu’il suspendait la possibilité de mesures désincitatives –je le cite- et en particulier le projet de moduler le conventionnement des médecins selon leur lieu d’installation.

Cette annonce rendait de fait les articles du Projet de loi de financement de la Sécuriaté social relatifs à la démographie médicale, nuls et non avenus, et hier soir en commission des affaires sociales nous avons voté leur retrait pour qu’ils soient réintroduits ce matin par ceux là mêmes qui en avaient voté le rejet avec nous.

La confusion s’est donc installée sur le texte mais le problème des déserts médicaux, lui, reste clairement et gravement posé.

Nous connaissons tous des cantons ruraux où il ne reste qu’un médecin âgé qui va cesser son activité sans être remplacé

Nous connaissons des communes où le temps d’attente d’un rendez vous en gynécologie est presque aussi long qu’une grossesse

Nous connaissons, je connais, dans ma pratique médicale quotidienne, des patients qui prennent un taxi médical pour consulter à l’hôpital parce qu’ils n’ont aucun spécialiste à proximité e on nous parle d’économies, et dans le même temps, hier, Nicolas Sarkozy nous parle de recentrer l’hôpital sur ses fonctions

Et dans le même temps aussi, la durée de la vie et le besoin de soins augmentent

L’égalité d’accès aux soins, la permanence des soins ne sont plus garantis dans notre pays : c’est bien sûr un problème d’aménagement du territoire mais d’abord c’est un problème de santé publique

C’est un domaine où gouvernement a une obligation de résultats car il s’agit d’assurer l’équité sociale et sanitaire dans notre pays

C’est la responsabilité de l’Etat , c’est votre responsabilité Mme le ministre

Ma question est simple : qu’allez vous faire, non pas demain, moins encore après demain, mais aujourd’hui ?

Comments 10 comments

  1. 18/10/2007 at 10:03 Gérard ELOI

    Le retrait de ce texte qui allait augmenter la désertification médicale était un magnifique succès social.

    Comment peut-on réintroduire un texte que la Commission vient d’annuler ?

    C’est de la trahison de la part de ceux qui ont changé leur vote du jour au lendemain, c’est le déni du travail des commissions parlementaires et du travail parlementaire en général, et c’est le déni de la démocratie.

    Mais c’était prévu : "Tout devient possible…surtout le pire !"

    Bon courage dans cette galère, Michèle…

  2. 18/10/2007 at 10:17 superpado

    Bonjour.
    Si vous voulez savoir si un Français qui a voté Sarkozy et aujourd’hui un Français heureux, c’est trés simple, allez lire ce billet
    http://www.intox2007.info/index….

  3. 18/10/2007 at 14:38 M.V.

    Vous êtes au courant pour les Anglais et leur problème de dentistes? Ils arrachent eux-mêmes leurs chicots avec des pinces de boites à outils, ils refixent leurs prothèses avec de la colle ordinaire. C’est ce qui nous guette, et ne croyez pas que j’exagère!
    Courage ,Michèle, dans cette lutte impossible, car ils passeront en force. Et qu’appelle la force quand on en est au stade de l’absolument insupportable?

  4. 18/10/2007 at 14:38 M.V.

    Vous êtes au courant pour les Anglais et leur problème de dentistes? Ils arrachent eux-mêmes leurs chicots avec des pinces de boites à outils, ils refixent leurs prothèses avec de la colle ordinaire. C’est ce qui nous guette, et ne croyez pas que j’exagère!
    Courage ,Michèle, dans cette lutte impossible, car ils passeront en force. Et qu’appelle la force quand on en est au stade de l’absolument insupportable?

  5. 19/10/2007 at 08:43 arad

    Le PS devrait proposer la décentralisation, comme remède aux déserts médicaux. C’est-à-dire attribuer les fonds aux régions (par exemple au prorata du nombre d’habitants) et les régions décideraient où implanter des hopitaux ou bien inciter les medecins à s’installer en zones rurales.
    Plus on rapproche le pouvoir de décision, des citoyens concernés, plus on a de chance de meiux appréhender les problèmes.

  6. 19/10/2007 at 08:43 arad

    Le PS devrait proposer la décentralisation, comme remède aux déserts médicaux. C’est-à-dire attribuer les fonds aux régions (par exemple au prorata du nombre d’habitants) et les régions décideraient où implanter des hopitaux ou bien inciter les medecins à s’installer en zones rurales.
    Plus on rapproche le pouvoir de décision, des citoyens concernés, plus on a de chance de meiux appréhender les problèmes.

  7. 19/10/2007 at 11:10 "travailler plus" sur le site de l'UMP

    et du lien fait par superpado sur le site intox2007, il faut sauter sur le lien fait par son auteur dès les premières lignes du texte sur le blog de l’UMP, lien proposé par les mots "travailler plus pour gagner plus" : évidemment non choisis par un militant de gauche, les commentaires très nombreux donnent un reflet parlant de la situation, et du ressenti. Et encore ceci ne prend-il en compte que ceux qui ont accès à Internet, et osent/peuvent s’y exprimer ! C’est très fort, impressionant sur le site de l’UMP. La voix de quelques vrais convaincus, mais surtout des encore naïfs ayant voté Sarkozy, de ceux qui s’accrochent à "je veux une grande vie" (sic) donc vive les heures sup, à ceux qui ont compris en quelques mois, et surtout de tous les autres qui témoignent de la réalité des situations que la propagande gouvernementale essaye en pur échec de cacher. Les commentaires de ce billet "travailler plus" sur le site de l’UMP le prouvent clairement.

  8. 19/10/2007 at 11:10 "travailler plus" sur le site de l'UMP

    et du lien fait par superpado sur le site intox2007, il faut sauter sur le lien fait par son auteur dès les premières lignes du texte sur le blog de l’UMP, lien proposé par les mots "travailler plus pour gagner plus" : évidemment non choisis par un militant de gauche, les commentaires très nombreux donnent un reflet parlant de la situation, et du ressenti. Et encore ceci ne prend-il en compte que ceux qui ont accès à Internet, et osent/peuvent s’y exprimer ! C’est très fort, impressionant sur le site de l’UMP. La voix de quelques vrais convaincus, mais surtout des encore naïfs ayant voté Sarkozy, de ceux qui s’accrochent à "je veux une grande vie" (sic) donc vive les heures sup, à ceux qui ont compris en quelques mois, et surtout de tous les autres qui témoignent de la réalité des situations que la propagande gouvernementale essaye en pur échec de cacher. Les commentaires de ce billet "travailler plus" sur le site de l’UMP le prouvent clairement.

  9. 02/11/2007 at 13:18 RF

    En réalité il y a du bon et du mauvais dans la situation actuelle :

    – Menacer de déconventionner n’était pas une bonne idée. Pour piloter le système de santé et limiter les dépassements d’honoraires, il faut chercher des moyens de conventionner tout le monde et d’obtenir la discipline tarifaire.

    – Dans le même temps, il faut trouver une solution à la situation actuelle, parce que les inégalités d’accès aux soins vont croissantes (ainsi que les inégalités de santé tout court, même si l’on confond systématiquement les deux en France).

    La réforme nº1, ce serait de faire disparaître le mécanisme qui incite les médecins à faire du chiffre : le paiement à l’acte. On peut conserver le mécanisme à moindre échelle, mais il faudrait trouver un mécanisme compensateur, par exemple une rémunération qui représenterait le travail de santé publique accompli par le médecin sur une aire géographique donnée.

    L’interview de Bruno Palier dans le dernier Hebdo des socialistes est une bonne référence là-dessus.

  10. 02/11/2007 at 13:18 RF

    En réalité il y a du bon et du mauvais dans la situation actuelle :

    – Menacer de déconventionner n’était pas une bonne idée. Pour piloter le système de santé et limiter les dépassements d’honoraires, il faut chercher des moyens de conventionner tout le monde et d’obtenir la discipline tarifaire.

    – Dans le même temps, il faut trouver une solution à la situation actuelle, parce que les inégalités d’accès aux soins vont croissantes (ainsi que les inégalités de santé tout court, même si l’on confond systématiquement les deux en France).

    La réforme nº1, ce serait de faire disparaître le mécanisme qui incite les médecins à faire du chiffre : le paiement à l’acte. On peut conserver le mécanisme à moindre échelle, mais il faudrait trouver un mécanisme compensateur, par exemple une rémunération qui représenterait le travail de santé publique accompli par le médecin sur une aire géographique donnée.

    L’interview de Bruno Palier dans le dernier Hebdo des socialistes est une bonne référence là-dessus.

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