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Petit bla-bla de week-end, au milieu d’une maison en plein travaux, qui sent le plâtre et la peinture, et où j’ai dégagé juste l’espace qu’il faut à mon petit ordi. Le portable donne à l’écriture nomade une amplitude inégalée et je me transporte volontiers d’un point à un autre selon la lumière du jour, le bruit ou le silence, même quand je suis dans ma maison ou dans mon bureau. Mauriac, terrien s’il en est, transportait ainsi son cahier d’une table à l’autre et finissait souvent sur un coin de canapé ou au pied de la terrasse de Malagar, en écrivant sur ses genoux. Il ne faut jamais craindre de se fabriquer de grandes références.

Je me suis amusée beaucoup hier d’un tire-bouchon qui venait en réaction à mon billet d’humeur du 6 juillet (« Difficile à comprendre »). L’auteur n’en est pas très difficile à identifier et il râle contre le fait que j’ai râlé moi-même du choix d’un titre centré sur Juppé pour le papier rendant compte de ma première année de mandat. Seul les fidèles du blog et de Sud-Ouest tout à la fois comprendront. J’en parle pour me réjouir de l’interactivité entre les blogs et les médias traditionnels. Une sorte de démocratie participative tout à fait bienvenue dans l’univers médiatique.

Hier toujours, au marché du Grand Parc, une dame m’aborde avec ces belles paroles :
 »Vous irez visiter, pour votre bienvenue,
Madame la baillive et madame l’élue

Deux vers de Tartuffe, avec lesquels, un peu moqueuse, elle saluait « Mme l’élue ». Nous avons continué à converser entre l’étal des fruits et celui du charcutier. Quand la culture est intriquée de cette manière naturelle avec la vie, elle n’a rien de pédant, elle est au contraire un agrément continu, une sorte de liberté aérant toute chose. Ma mère possédait pleinement ce trésor, et je n’en ai en comparaison que des miettes. En ramassant des herbes dans le jardin, en faisant n’importe quelle tâche très quotidienne, il lui venait un vers ou une citation pas toujours complète mais qui donnait aussitôt une légèreté particulière, un souffle, une dimension à la moindre petite activité. Merci, Mme C., de cette jolie et moqueuse citation…

Je retourne au petit bric à brac des choses à faire. La journée est légère, libre et parait vouloir se dégager tout à fait de la grisaille. A tout à l’heure.

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