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Je fais partie de ceux qui, tels Bernard Palissy, brûleraient leurs meubles pour alimenter la flamme d’un feu de bois. Autant je perds souvent plusieurs minutes avant de décider d’empoubeller le moindre papier, autant une cheminée ouverte et pétillante devant moi engouffre sans regrets mille écrits, bois et brindilles, susceptibles de maintenir en vie ce signe fragile d’une vie supérieure. Même un incunable de la main auguste de Nicolas Sarkozy passerait gaillardement à la flamme.

Je me suis offert ce petit luxe ce soir. Demain est une de ces journées hachées qui me laissent, tard le soir, comme un vieux glaçon demi-fondu dans un shaker. Après demain est différent mais guère meilleur : conseil national du PS, avion tôt le matin, retour quand on peut, et surtout la certitude de ne pas pouvoir grand chose ; pour tout dire, je crois que les jeux et les enjeux sont faits, ou défaits, comme on veut, mais au moins aurai-je la liberté de vous raconter ce que je n’ai pas l’autorité d’influencer. Ce n’est déjà pas si peu.

Il fait tard. Toujours, j’ai envie de ne pas m’endormir. « Encore une minute, Monsieur le Bourreau », disait Mme Dubarry, comme je le dis aussi au début de chaque nuit.

Les dernières braises commencent de pâlir et de se taire.

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