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A un certain moment, très peu après le coucher du soleil (le ciel est encore clair, et cette clarté menacée a un éclat particulier), les mouettes se rangent dans un endroit précis de la plage. Presque en lignes, comme elles marchent, bataillons sans armes, toujours prêts à s’envoler.

Là elles attendent, faisant semblant de s’occuper en cherchant du nez dans le sable, regardant de ci-de là, ce qui n’est pas dans leurs habitudes.

Quelques instants plus tard, un homme sort du dessous de la promenade, tenant au devant de lui les coins d’un grand tablier qu’il secoue brutalement. Et les mouettes se précipitent, certaines en marchant, d’autres par petits coups d’ailes. D’autres encore, qui avaient manqué le rendez-vous arrivent. Et toutes picorent, jusqu’à ce que plus rien ne reste, puis elles regardent de nouveau autour d’elles, et quand elles ont compris que le miracle ne se reproduira pas, elles reprennent leur vol.

Je suis allée à la rencontre de ce magicien, moi qui ne suis jamais parvenue à faire se poser ni mouettes, ni goélands.

C’est le marchand de gaufres, et il a été tout heureux de me raconter que tout le jour, il gardait les morceaux de gaufres cassées ou mal cuites, celles qui n’avaient pas été vendues, et qu’il attendait que le soleil soit juste couché et que les mouettes descendent, pour les rejoindre et secouer son tablier.

C’est un moment si joli, une heure si magique, que j’ai voulu vous la raconter.

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