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Cela pourrait être le titre d’un conte moral, forme littéraire qui,de Marmontel à Eric Rohmer, a connu des heurs et des usages bien différents, mais c’est un conte immoral, doublement immoral parce qu’il est vrai.

Tout le monde a « salué » l’habileté ou le cynisme politique de Nicolas Sarkozy de nommer l’ex-socialiste Eric Besson Ministre de l’immigration et de l’identité nationale. Ce délicat fumet d’arrière-cuisine politique a ravi les narines rompues au mal usage de l’art de gouverner.

Pour ma part, je l’ai interprété autrement, et c’est ce que j’ai exprimé lors de la conférence de presse de SOS Racisme à l’occasion de la campagne « 30 000 expulsions, c’est la honte ». Quel message, en effet, de nommer à ce ministère qui tient en mains le destin de tant de nos frères humains, celui qui est pour tous les Français l’image du traître !

J’attendais un mauvais coup, un surcroît de cynisme. Il est venu.

Aujourd’hui le zélateur converti de la politique sarkozienne comble ma crainte, si l’on peut s’exprimer ainsi. Comme peut-être il lui a été suggéré. Mais le propre du converti de la 25ième heure est de vouloir, dès la 26ième, devancer la pensée de son nouveau maître.

Il promet ainsi la régularisation à ceux qui « collaboreront » avec la police pour démanteler les réseaux qui leur ont permis d’arriver en France.

Ne soyons pas angéliques : les indics embauchés en échange de l’ « oubli » d’un acte de délinquance n’existent pas que dans les films. Mais en faire une règle, l’écrire dans une circulaire, c’est une marque de plus de l’impudence tranquille de ce gouvernement.

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