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C’est avec une certaine gourmandise que je place ce billet après le tumulte qui a suivi les précédents… Nous avons eu à la Rochelle un atelier très intéressant, même s’il était un peu généraliste et philosophique.Le titre officiel était je crois « les rapports entre socialisme et individualisme ». La question peut être posée autrement : y a-t-il un individualisme de gauche et un individualisme de droite? Comment concilier intérêt collectif et individualisme ?

La réponse est bien évidemment que la gauche et le socialisme ne négligent aucunement l’individu ; au contraire l’essence même du socialisme est de rendre possible l’épanouissement personnel de chacun dans sa singularité, et ceci dans la perspective de l’intérêt collectif.

La philosophe qui menait le débat et qui a publié un ouvrage sur le sujet a défini ainsi ce qu’est -ce que doit être- un individualisme de gauche : – un individualisme de l’être et non pas un individualisme marchand, axé sur la consommation et le repli sur soi – le respect de la singularité de l’être humain favorisant son apport particulier à la collectivité – une culture du dissentiment et de la prise de parole. Le mot de « dissentiment », au contraire d' »assentiment », n’est pas usuel mais je le trouve en effet très signifiant. J’ai compris qu’il désignait ce que Camus appelait dans « L’homme révolté » « la capacité de dire non », en citant Sisyphe, remontant constamment son caillou en exemple. – une attention à l’autre en tant qu’individu ayant des problèmes spécifiques, une souffrance spécifique..

Ces idées ne sont pas nouvelles (les idées ne sont jamais nouvelles), mais elles étaient bien remises dans l’actualité. J’ai pris la parole pour m’interroger sur l’absence d’un mot que l’on n’ose plus utiliser. Qu’est-ce qu’un individualisme de l’être plutôt qu’un individualisme de l’avoir ? Qu’est-ce qu’une prise en compte de « la grandeur et de la misère de l’homme » ? Qu’est ce que l’apprentissage de son autonomie et de sa liberté ?

Eh bien, cela s’appelle depuis Montaigne, et au fond tant d’autres, l’humanisme. Et j’aimerais qu’on ose dire aujourd’hui que le socialisme est avant tout, un humanisme.

Comments 11 comments

  1. 07/09/2007 at 16:34 Cha

    En lisant ton billet, j’avais un sourire aux lèvres. Merci Michèle de nous ramener à ce qui doit tous nous rassembler.

  2. 07/09/2007 at 17:30 MONICA

    Mettons toutes nos forces dans la bataille et donnons raison au proverbe "les chiens aboient, la caravane passe".

  3. 07/09/2007 at 18:23 JEAN-REMY

    Une fois de plus malgrès les critiques nous prouvons que nous sommes bien un parti DEMOCRATIQUE à l écoute de toutes ses troupes

  4. 07/09/2007 at 18:57 Adrien

    Un "même si" qui semble un "parce que"… La réflexion pratique du PS ne doit pas se cantonner au """concret""" socio-économique !

  5. 08/09/2007 at 00:20 Bruno

    Ouf ! Michèle, et avec quelle qualité d’écriture, nous permet d’échapper à un forum stérile et des échanges qui dénaturaient son blog (du moins est-ce ainsi que je le ressentais).
    Amitiés.

  6. 08/09/2007 at 10:37 Eric

    en tout cas, il y a une nouvelle sorte d’individualisme de droite que Sarkozy porte très haut. Sa proposition de dépénalisation du droit des affaires alors que tous les pays renforcent leurs lois contre toutes les mafias et les mafieux du monde des affaires en est une nouvelle démonstration.

  7. 08/09/2007 at 18:32 DEB

    Ce mot de "dissentiment" me plaît aussi beaucoup. Et vous citez Camus… Camus qui me regarde justement en ce moment, la clope au bec (j’ai dans mon bureau, très près de moi, une grande photo de Camus – inédite -, je vous la montrerai un jour Michèle…
    Vive le dissentiment… (mais qui était ce philosophe de La Rochelle ?).

  8. 09/09/2007 at 16:43 Sophinette

    La philosophe de La Rochelle était Sandra Laugier.
    Voici le compte-rendu de l’atelier :
    rochelle2007.parti-social…
    Merci Michèle Delaunay ! merci infiniment : vous nous redonnez fierté et courage.
    Une militante de base ordinaire.

  9. 09/09/2007 at 17:56 Myos

    Je vous prie d’excuser cette intrusion dans votre blog, que je lis régulièrement.

    J’aime particulièrement votre billet d’aujourd’hui.

    Et puis…
    Voilà, je viens d’apprendre que la famille Popov, bien qu’elle soit MENACEE de MORT dans son pays (après tortures pour les parents, directement pour les enfants), va être expulsée de France.

    L’opposition, les socialistes mais la gauche toute entière ne pourrait-elle pas au moins s’élever pour demander au ministre ‘de la chasse aux enfants’ comme le dit une petite fille de ma connaissance, de lui demander qu’aucune famille menacée de mort dans son pays d’origine ne soit expulsée?

    Les parents a même déposé une requête pour que, si eux sont expulsés, on autorise les enfants à rester en France, afin de leur sauver la vie.
    Il faut imaginer ce que représente cette requête et ce que représenterait pour la République française un tel adieu.

  10. 09/09/2007 at 21:31 michele

    à Myos ; donnez nous plus ample information sur cette famille et essayons d’agir. Beaucoup des lecteurs de ce blog, et moi bien sûr, sont très sensibles à cette chasse aux enfants. J’ai évoqué la question avec le Préfet et nous pouvons être écoutés sur des dossiers particuliers.

  11. 11/09/2007 at 17:45 Prof de français'

    j’aime bien ce billet qui sort des manuels ce mot ce mot "classique" pour désigner ce qui met l’homme au centre des préoccupations et des finalités de l’homme lui même.

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