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Le Gouvernement a beau jeu de mettre les difficultés du pays et celles des Français sur le dos de « la crise ». Ces difficultés sont d’abord liées à la gestion calamiteuse des comptes publics depuis 2002, lourdement aggravée depuis juin 2007.

Ce billet, on s’en doute, sera plus riche en chiffres qu’en vers de Rimbaud. Il me parait important que chacun puisse disposer de données précises.

1- Le pays est aujourd’hui en récession et le vote en juin 2007 du « Paquet fiscal » (Fabius parle très justement du « boulet » fiscal) nous prive des marges de manoeuvre qui serait aujourd’hui nécessaires

Trois mesures de ce paquet fiscal ont plombé les comptes d’entrée de jeu : . la défiscalisation des heures supplémentaires . le renforcement du bouclier fiscal . la quasi suppression des droits de succession

L’ensemble correspond à une facture de 15 milliards d’euros. Il a eu l’effet exactement contraire à celui qu’annonçait Mme Lagarde (« le choc de croissance ») : il a ruiné la chance d’éviter la décroissance.

2-A la fin de l’année 2001, le déficit du budget de l’Etat s’élevait à 32 milliards d’euros.

Pour 2009, le déficit de la loi de finance initiale a été fixé à 57,8 milliards. Le collectif budgétaire censé mettre en oeuvre le plan de relance vient de porter cet objectif à 79,3 milliards.

Désormais, les prévisions gouvernementale estiment le déficit de l’Etat à 86,5 milliards d’euros, son plus haut niveau depuis 8 ans.

En deux ans, le déficit du budget de l’Etat a plus que doublé. Le niveau de déficit de fin 2001 a été multiplié par 2,7. En 8 ans la droit n’a jamais retrouvé le niveau de déficit laissé par le gouvernement Jospin fin 2001.

3-Fin 2001, le déficit public correspondait à 1,6% du PIB

Un premier record de hausse a ensuite été atteint en 2003 avec 4,2% du PIB, suivi d’une relative stabilisation de 2005 à 2007 au dessous de la barre des 3%, comme exigé par la Communauté européenne.

Pour l’année 2008, le déficit repassera la barre communautaire et atteindra 3,2% du PIB

4- Alors que la dette publique avait baissé entre 97 et 2001, passant de 58,5% du PIB à 56,2%, elle n’a cessé depuis 6 ans de dépasser la limite européenne de 60%

En 2005, alors que Nicolas Sarkozy était ministre des finances, elle atteint le niveau record de 66,2% du PIB.

Pour 2008, elle dépassera 66%.

Pour 2009, le gouvernement table sur 69,1% mais la Commission Européenne avance 72,4% du PIB

5 – Le régime général de la Sécurité sociale était en excédent en 99, 2000 et 2001. Il ne l’a plus été depuis 7 ans, battant un record de durée dans le déficit.

En chiffre, le niveau de déficit le plus élevé a été atteint en lorsque Xavier Bertrand était Ministre de la Santé : 11,9 milliards d’euros.

Les lois et réformes accumulés n’ont apporté aucune solution durable et, depuis 2002, le déficit cumulé dépasse 67 milliards d’euros.

La dette sociale a atteint fin 2007, 129,8 milliards d’euros, soit 6,9% du PIB.

6 – Pour la 4ème fois en 4 mois, le déficit du budget de l’Etat pour 2009 a été revu à la hausse. Estimé à 52 milliards d’euros initialement, il a reçu la semaine dernière de la part de la ministre des finances une aggravation spectaculaire : 86,5 milliards d’euros.

Soit 34,5 milliards d’euros de plus que ce qui était programmé dans le budget initial que nous avons voté.

7- Au quatrième trimestre 2008, le PIB a reculé de -1,1% d’après les dernières estimations de la banque de France, ce qui devrait provoquer un demi point de déficit supplémentaire.

La commission européenne table sur un recul de – 1,8% du PIB français en 2009. Elle prévoit pour cette même année une dette publique de 72,4 % du PIB.

Le programme de stabilité du gouvernement est établi sur des chiffres radicalement différents (dette 69,1% du PIB en 2009).

Je livre ces chiffres très austères presque sans commentaires sinon tris remarques :

– avant comme pendant la crise, la gestion du budget de la France est également mauvaise. La droite censée savoir gérer alors que la gauche dépense montre qu’il en va tout autrement.

– La crise « venue d’ailleurs » n’est aucunement seule en cause dans l’aggravation de la situation du pays.

– les chiffres transmis par le gouvernement sont régulièrement caducs et la France perd aujourd’hui toute crédibilité au yeux des instances communautaires.

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