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Il y a dix ans, à l’heure presque où j’écris, mon Papa est mort. Je dis « mon Papa » pour désacraliser un peu le souvenir de ce moment. Il me semble que ne pouvais pas laisser cette date dans l’éphéméride qu’est le blog sans, non pas lui faire un signe, mais faire un signe aux amis qui perpétuent son souvenir.

Ce matin dans Sud-Ouest, quelques lignes « in memoriam » qui ont fait se rejoindre Henri Amouroux, mort le 5 août 2007, et Gabriel Delaunay, le 5 août 1998. Tous les deux étaient amis, ont gardé contact jusqu’aux derniers mois, et le destin leur a fait cadeau de ce petit signe.

Je pense souvent à une tradition qui veut que les Malgaches retournent le cadavre de leurs proches un an après leur mort, puis à intervalles réguliers. Un ethnologue qui me parlait de cette coutume d’une dureté inouïe me disait qu’elle avait largement influencé la mentalité de cette population et entravé son inscription dans la modernité, qui a une relation tellement plus légère avec la mort et qui bien souvent la nie.

Mon père est mort chez lui. Il le souhaitait, je le voulais, mais même pour une fille médécin, prête à y consacrer tout son temps, aidée d’infirmières, c’est un challenge d’une grande difficulté pour les familles. De cela, il n’est presque jamais question, hors de l’hôpital quand la demande est faite et qu’il faut mettre en oeuvre tous les soins possibles.

Ils ne suffisent pas toujours. L’éloignement, l’importance des soins à donner, le contexte proche rendent bien souvent moins périlleuse (en terme de douleur et d’apaisement) la mort à l’hôpital. Beaucoup de familles aussi le préfèrent et plus de 80% des décès ont lieu à l’hôpital. Je ne suis pas sûre que ce soit en tous points une bonne chose. L’expérience de la mort donne beaucoup de poids et de gravité à la vie, et aussi une certaine distance de ce qui n’a qu’une faible ou passagère importance.

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