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Je me souviens comme un flash du titre de la première critique littéraire que j’ai reçue : « Michèle Delaunay et l’art du désarroi ». Merci aux archives numériques, je n’en retrouverais certainement pas la trace autrement.

Critique signée Gabrielle Rollin dans « le Monde » et qui m’avait frappée : elle résumait d’un mot le sentiment éprouvé alors en écrivant « la ronde droite »* ; sentiment que je retrouve dans ce dimanche pluvieux, rôdant d’une pièce à l’autre sans savoir m’appliquer à rien d’utile. C’était en 1975 : le désarroi ne m’a jamais vraiment quitté malgré la médecine et la politique qui ne lui vont guère. Près d’un demi-siècle d’une vieille familiarité, d’inquiétude, d’incertitude et de tous ces mots en -ude qui désignent des états subis mais dont ont fait quelquefois fierté, ou raison d’être. Ce fut le cas de Leopold Sedar Senior et d’Aimé Césaire avec leur « négritude ». On pourrait dans cette ligne promouvoir « féminitude » ou, plus proche du moi d’aujourd’hui « vieillitude ».

Wikipedia m’apprend que Gabrielle Rolin, écrivaine et traductrice en plus de critique littéraire, est morte en 2013. Je ne l’ai jamais rencontrée si ce n’est au travers le lignes d’écriture, d’elle ou de moi, et d’un désarroi qu’elle savait aussi bien lire qu’écrire.

  • Gallimard, 1975

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