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C’est bête à dire, mais dans la profusion d’informations sur le covid (le virus) et la covid (la maladie), j’ai consacré la moitié de l’après-midi à la recherche des chiffres actuels de mortalité dans les EHPAD.

Dans la presse : rien. Ni grand quotidien, ni journal local, pas davantage autres médias, ne s’interrogent. Autant les résidents d’EHPAD ont fait la Une lors de la première vague de l’épidémie, autant ils ont brutalement disparu. Deux explications : soit tous sont morts, soit tous ressuscités. Pour mémoire, au cours de cette première vague, ces résidents qui correspondent à 1% de la population nationale ont été à l’origine de 50% des décèsdus au covid (deux tiers morts dans l’établissement, un tiers transféré à l’hôpital). Ces chiffres laissaient espérer un suivi pour répondre à la question posée plus haut.

Me voilà donc engagée dans la lecture, crayon en mains, du dernier point épidémiologique  (en date du 7 février) de « Santé publique France », institution d’une grande rigueur et d’une grande précision dans la communication des données.

Ce n’est qu’à la page 31 de ce point épidémiologique qui en compte 60 que j’ai trouvé trois lignes consacrées aux « établissements de soins du secteur médico-social » (ESMS), vocable qui n’est pas connu de l’entièreté de la population à l’inverse de l’acronyme « EHPAD », lequel avait pourtant bien mal commencé.

Bref, je me suis sentie rassurée : tous les résidents d’EHPAD qui constituent la grande majorité de ces bénéficiaires d’EMS n’étaient pas morts lors du premier mauvais vent. 

De ces trois lignes ressortent quelques chiffres. Entre le 1ermars 2020 et le 7 février 2021, 

23 499 résidents d’EHPAD sont morts du covid au sein même de leur établissement. S’y ajoutent 9180 autres résidents qui ont été transférés en service de réanimation où ils sont morts, soit un total de 32 679 décès de résidents dus au covid.

Rapporté au nombre total de morts du covid à même date , ce sont 40% des victimes de la pandémie qui sont des résidents d’EHPAD.

Incontestablement, ces chiffres sont meilleurs que s’ils étaient pires, comme ils le furent lors de la première vague (50%)  ; ils ne sont cependant pas insignifiants et qu’ils ne soient évoqués par personne (ni élus, ni ministres, ni médias) peut interroger.

« Quand on s’interroge, c’est bien souvent qu’on s’est déjà répondu ». Et je suis dans ce cas. Il y a une claire volonté de ne pas alarmer et de ne plus poser la question de la surmortalité épidémique des EHPAD. 

Mais la question n’est que repoussée : pourquoi ?

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