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Dans un billet précédent de ce blog qui en compte 3337, j’exprimais la nécessité de donner à la République la capacité d’accompagner les moments majeurs d’une existence humaine. C’est bien sûr en premier lieu la mort qui convoque ce sacré laïc dont nous avons tous fait l’expérience mais que nous manquons à partager et bien souvent même à exprimer.

La liberté de choisir le caractère civil ou religieux de ses funérailles est reconnue par la loi du 15 novembre 1887. Cent trente ans après, ce droit connait bien peu de facilités à se concrétiser, en dehors du concours d’entreprises funéraires majoritairement privées. La République qui nous unit se dérobe quand nous la voudrions plus que jamais fraternelle.

Un pas vient d’être fait à l’Assemblée avec un projet de loi que j’ai porté avec de nombreux collègues et qui a été voté à une large majorité. Texte modeste en apparence mais qui institue de fait le droit à des funérailles républicaines en exigeant des communes de mettre gratuitement à disposition des familles qui en font la demande une « salle adaptable » . Le texte, à mon regret a été amendé. Nous proposions que, comme c’est le cas pour le mariage civil, qu’un élu y participe pour bien manifester la présence de la République ; il en sera désormais selon le choix de chacun mais j’espère profondément que ces élus seront nombreux à comprendre l’importance d’accompagner par quelques paroles l’hommage des proches et de la famille.

« Je crois aux forces de l’esprit » disait François Mitterrand. Elles doivent pouvoir s’exprimer dans un beau lieu, comme c’est le cas pour les cérémonies religieuses. En fevrier 2015, j’ai proposé à Alain Juppé que ce lieu puisse être à Bordeaux, le temple des Chartrons aujourd’hui désaffecté et que pour cela, il soit remis en état. Ce beau lieu permettrait aussi bien la tenue de manifestations laïques que des rencontres entre les religions comme entre non croyants et religieux. Espérons que cette nécessité apparaîtra à tous.

Les « parrainages » ou « baptêmes » républicains sont aujourd’hui de plus en plus nombreux et la plupart des Mairies y accèdent en prêtant leurs locaux,  avec ou sans la présence d’élus. Ce sont des moments heureux, hautement signifiants qu’il s’agit, comme les mariages ou les funérailles civiles, de rendre accessibles à tous. La République qui nous réunit doit aussi nous tenir la main quand la douleur ou la joie nous font chercher la sienne.

 

Comments 1 commentaire

  1. 13/12/2016 at 18:51 De cujus

    Oui, les funérailles civiles doivent être accessibles à tous, et pour cela, et comme pour les mariages de même nature et les baptêmes républicains, être célébrées en Mairie. Une question reste à poser : Le défunt devra-t-il signer un quelconque registre ?

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