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Le convenu de certains blogs politiques me sidère. Un blog n’est pas un site électoral. Bien que le mot ne soit pas (encore) dans le dictionnaire, essayons de le définir : c’est un mélange de journal et de forum de réflexion ; ceci sur un ton libre, quelque part entre le parlé et l’écrit pur et dur (celui des livres). Un échange proche de la conversation mais avec ce « plus », ce petit recul que donne la distance temporelle et spatiale, et le simple fait de transcrire la pensée en mots et en lettres. Cette situation intermédiaire entre l’écrit imprimé et la parole sont un des génies de la correspondance informatique : elle a la fluidité et la rapidité de la parole, sa liberté aussi, et pourtant ce début de gravité qu’a l’écrit, celui des lettres rares que l’on s’adressait, que l’on attendait jour après jour et que l’on gardait sur soi, quelquefois pendant des mois..

Pour tout dire, ce blog est pour moi un plaisir, une récréation, une respiration. J’ai la chance d’écrire facilement, comme il vient, et de dactylographier comme une vraie bonne secrétaire d’autrefois, au temps où les machines faisaient un bruit saccadé et non le doux cliquetis, presque primesautier, de mon clavier d’ordinateur. Ce fut un de mes acquis de jeune fille : j’étais partie tout un mois seule en vacances, avec un précis de dactylographie et la machine à écrire familiale. Après des jours entiers d’ « azertyuiop » au soleil, devant cet océan où j’écrivais encore cet été, mes doigts se sont mis à avoir de la mémoire et à travailler avec moi en vraie partenariat : chacun fait son boulot de son côté sans embêter l’autre. Azertyuiop est resté dans mon inconscient comme un petit personnage de bandes dessinées qui en fait voir aux grandes personnes et j’ai été contente de parler de lui à l’instant.

Retour au blog et à mon désir de le voir s’animer comme une maison amie où l’on s’arrête volontiers le temps d’un échange, d’un verre, d’une halte. Je n’y ai mis aucun filtre. Tarde seulement un peu le message d’accueil avec lequel je voudrais saluer les commentateurs. Il y a quelques mois, lisant une page d’Alain Juppé où il s’offusquait du salaire scandaleux des patrons d’entreprises, j’y étais allée d’un petit commentaire, rappelant qu’Hugues Martin au temps des législatives avait glosé ma profession de foi qui déplorait la dévalorisation du travail qu’entraine ce différentiel de salaire. Quand le salaire d’un patron équivaut à 500 smic (voire davantage), comment celui qui gagne justement le smic peut-il croire en la valeur de ce qu’il fait ? Le commentaire était on ne peut plus poli et bon genre mais je me suis méfiée : j’en ai envoyé copie à une journaliste de Sud Ouest.

Bien sûr, il n’y eut ni réponse, ni même apparition dans le blog de Juppé. Comme dans l’élection d’aujourd’hui : les dés étaient pipés, et les commentateurs sélectionnés, sinon commandités. Ce que nous devons apprendre, plus que jamais, à nos enfants et à tous les citoyens : l’esprit critique. Le cerveau, comme le parachute, ne marche que s’il est ouvert.

Comments 2 comments

  1. 16/05/2019 at 10:48 Thierry Marquet

    Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant

  2. 28/05/2019 at 18:24 Mine de rien

    Je confirme: en effet, cet article est très intéressant où notre Michèle D. nationale s’exprime par écrit, à merveille.
    Juste quelques modestes réflexions sur les Européennes:
    Même si la mise en oeuvre de l’écologie politique semble un peu confuse chez les jeunes des bonnes familles, il n’en va pas moins qu’à l’avenir, je crois que l’écologie et les écologistes non contre l’économie de marché seront incontournables et représente l’avenir de la politique tout court. Nul besoin de faire un inventaire exhaustif de ce qui ne va pas d’un point de vue écologique, tout le monde voit bien peu ou prou de qui il s’agit.
    Je me disais en conduisant, que si les voitures étaient comme louées, personne n’aimerait les retrouver en piteux état, pire, en panne avec la carrosserie toute cabossée. Avec notre Terre, c’est un peu la même chose et même pire car elle est unique et on ne peut pas comme une voiture, en racheter une autre neuve.
    Il y aura des embûches avant qu’un écologiste n’accède à la présidence de la République, mais au point où en est notre planète, sincèrement, je ne vois pas d’autre alternative crédible pour qu’enfin les collusions entre les politiques libéraux et l’industrie phytosanitaire cesse enfin. Alors Adieu coccinelle, adieu libellule, adieu hirondelles, adieu abeilles pollinisatrices et de ce fait bien utiles à nourrir les humains; tel le slogan de l’ex Monsanto devenu Bayer; et j’en passe… Ou peut-être pas?

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