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Joli plateau : Moscovici, Poignant, Fabius, Hamon, Pervenche Berès, Zita Gurmai (députée européenne hongroise), Philip Cordery (secrétaire général du PSE). Les trois premiers comptent parmi les plus beaux crânes de l’assemblée).

Tous autant que nous sommes ne connaissons absolument pas assez le PSE, ce qui est quelque peu fâcheux à 9 mois des élections européennes (ma raison de ma présence à cet atelier). Un exemple : comment s’appelle son président ?…

Réponse : Poul Rassmussen

Les constats de Philip Cordery – l’Europe est devenue impopulaire ; il y a un certain rejet de « l’Europe telle qu’elle est ». – l’E. devient objet de questions : poursuite de la libéralisation des services publics ? Risque de dumping salarial entre les pays ? Etat de la lutte contre les changements climatiques ? – l’Europe n’est pas perçue comme la structure adéquate pour répondre aux défis de la globalisation – la droite est au pouvoir dans les diverses institutions européennes – les principales propositions européennes sont aujourd’hui d’inspiration néo-libérale et conservatrice

D’où la nécessité d’un programme élaboré par le PSE montrant qu’un autre projet est possible. C’est l’objectif du manifeste du PSE qui est en voie d’élaboration et dont le premier jet a été ratifié par notre bureau national. Cinq grands axes : – Europe sociale : revendication du salaire minimum, services publics… – changement climatique/ environnement – citoyenneté – immigration à visage humain – politique étrangère et de développement

Zita Gourmai, très « péchue ». Sept élections ont été perdues par le PS l’an dernier en Europe, dans des pays où il pouvait pourtant gouverner. Ce qui manque en Europe aujourd’hui, c’est la solidarité. Partout, les femmes ne sont pas assez nombreuses. Là où il y a des femmes, tout va mieux ! Quinze pour cent de différences de salaire entre femmes et hommes, 51 ans après le traité de Rome qui édictait déjà l’égalité salariale.

Pervenche Berès, présidente de la commission économique au Parlement européen. La social-démocratie n’est pas en grande forme à l’échelon européenne. Elle s’interroge : quoi pour faire face au marché ? quoi répondre après l’explosion de la logique du marché pur qui s’est passée l’année dernière (subprimes). La famille socialiste européenne a été trop « court-termiste » et n’a pas su élaborer des réponses. Le « new deal, le « welfare-state » étaient des solutions social-démocrates. Aujourd’hui, nous avons à construire un nouveau new deal. En 97 nous étions majoritaires, 13 pays étaient gouvernés à gauche et nous n’avons pas gouverné ensemble. Or on a besoin de régulation, et ce sont bien les sociaux démocrates qui ont inventé la régulation. Alors pourquoi ce hiatus ? C’est bien pourtant pour fabriquer de la régulation qu’on a besoin de travailler ensemble. Le marché, lui, se fait tout seul. Quoi apporter dans le manifeste ? Comment nous remettre en situation de crédibilité ? Pervenche se prononce aussi sur le fait que l’on doit dire quel est notre candidat pour la prochaine présidence de la commission européenne.

Pierre Moscovici L’université s’ouvre dans un contexte inquiétant : stagflation, absence de marges de manoeuvres pour y répondre, souffrance d’un grand nombre de Français, situation internationale dangereuse. Sans doute, la rentrée la plus difficile depuis 20 ans. Et en face de cela, l’Europe peine à se construire. Il faut être socialiste et européen, car il n’y a pas de réponse qui ne soit pas européenne. Rappels :les élections européennes vont se dérouler dans une Europe en crise à la fois sur le plan économique et sur le plan institutionnel. Véritable crise d’identité : frontières, politique étrangère.. . Et pourtant tout le monde s’accorde à dire qu’il y a plus que jamais besoin d’Europe et d’Europe de gauche. Oui, il faut un leader de gauche à la présidence de la commission et ce doit être Poul Rasmussen. Même s’il est difficile de porter à l’intérieur de ses frontières un leader trans-national. Trois directions pour la contribution française au manifeste : une Europe qui promeut, notamment par la connaissance ; une Europe qui émancipe, notamment les femmes ; une Europe qui protège. Les idées : 1- rénovation du modèle social européen, plan européen pour l’égalité des chances; fonds social européen pour la petite enfance programme urbain, fonds d’ajustement à la mondialisation, sécurité sociale professionnelle, sécurité civile. 2 – nouveau modèle de développement 3 – nouvelle économie: innovation, recherche et développement, universités, services publics, action financière

Bernard Poignant Devoir de lucidité. 6/27 chefs de gouvernement socialistes en Europe ! La première élection dans une Europe à 27, peut-être même 28 avec la Croatie. Il est déjà très tard pour préparer l’élection européenne. Sait-on qu’il n’y a plus de commission europe au PS depuis 5 ans, pas de secrétaire national aux affaires européennes. Difficulté d’écrire un manifeste pour tous les pays étant donné la situation différente qu’y occupe le PS (majorité ou opposition, coalitions gauche-droie différentes dont l’exemple le plus flagrant est l’Allemagne). Donc, un contexte très difficile pour les socialistes en face de cette élection européenne. Les souhaits de Bernard Poignant, qui lui-même ne se représentera pas : que nos députés se spécialisent au Parlement européen, comme le font beaucoup de leurs collègues d’autres pays, et donc que ceux qui se sont investis sur un thême demeurent candidats ; que nos candidats s’engagent à n’être candidats à rien d’autre, en particulier à être candidats à l’Assemblée nationale ou éu Sénat. Le non-cumul est plus exigible au Parlement européen qu’ailleurs, car dans beaucoup de pays il est déjà institué et il est bon que l’ensemble des députés soient à égalité.

Laurent Fabius LF souhaite que les socialistes présentent en face de la droite des propositions simples et clivantes, capables d’être comprises de tous et de faire la différence. Il en avance 5 : – clause de sauvegarde sociale : engagement qu’aucune directive ne fera reculer les droits sociaux nationaux – espace de recherche européen : effort de l’Europe pour une recherche et une innovation commune – environnement : programme 3(4?) fois 20 (en 2020, 20% en moins de gaz à effet de serre et 20% d’énergies renouvelables) – programme d’investissement européen pour aller chercher le point de croissance qui manque à tous les pays, et possibilité pour l’Europe d’emprunter(BEI, BERD), ce qui mettra une offre d’euros en face de la demande qui est forte et ainsi contribuera à rendre l’euro moins cher – en matière de défense, stratégie autonome des états-unis et programme de défense européenne.

Au total : un atelier très intéressant devant un public avide de connaitre, de comprendre et de contribuer. Pardon de ces notes prises en direct : comme je ne suis pas sûre que la presse relatera le contenu de nos débats, j’en donne ma petite part.

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