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Je rentre à l’instant de voir chez un ami l’enregistrement de « Désobéïr », le téléfilm consacré à Aristides de Sousa Mendes, diffusé il y a quelques jours sur France 2, quand je partageais quant à moi des moments détendus à la « Fête de l’huitre » du quartier Saint Augustin.

Plusieurs scènes de ce téléfilm ont été tournées à ma porte, dans l’entrée de ma maison, à ses fenêtres, et l’équipe a implanté son QG dans ma permanence parlementaire. J’aurait accueilli bien des équipes mais avouons que le sujet du télé-film a emporté d’emblée mon bon accueil à cette réalisation.

Parlera-t-on jamais assez d’Aristides de Sousa Mendes ? La réponse est bien sûr « non ». La réponse est celle que j’ai essayé de transmettre aux lauréats du concours de la Résistance: c’est l’esprit de Résistance qui est le fil conducteur, dans tous les pays, Allemagne y compris bien sûr, de ce qu’a illustré Sousa Mendès.

Je l’avoue, je n’ai pas regardé les dernières scènes : Sousa Mendes mourant dans le dénuement et l’oubli. Il a signé en quelques jours 30 000 visas vers la liberté, « la plus grande action de sauvetage menée par une seule personne pendant l’holocauste ». Otto de Habsbourg l’a salué « devant ma porte » (dans le film évidemment ! Dans la réalité, devant la porte du Consulat de l’époque), et l’on a si tardivement rendu hommage à ce juste. Aucune autorité n’est allée le chercher là où il était oublié. Il n’a été ni accompagné, ni entouré de gloire et de soutien de son vivant. Ce n’est que 34 ans après sa mort, en 1988, qu’un comité national a été créé en son honneur. C’est pour moi une interrogation d’une grande cruauté de savoir qu’il est demeuré dans l’oubli jusqu’à sa fin; elle relativise notre bonne conscience d’aujourd’hui.

« Pourquoi viens-tu si tard ? »

Cette phrase est de la poignée qui me laisse, à tout jamais, dans l » intranquillité » .

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