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J’ai logé hier soir en douce dans nos documents électoraux, la phrase très percutante du philosophe Edgar Morin « Les femmes, ces agents secrets de la modernité ». En douce, je dis bien, et de manière anonyme pour que mes petites copines (et copains) qui m’ont entendu cent fois faire cette citation qui va à l’encontre de l’avis de beaucoup de politiques et analystes divers, ne me tombent pas sur le poil et ne donnent raison à ce que je revendique : j’ai beaucoup de suite dans peu d’idées. Le « peu d’idées » n’est pas flatteur au premier œil, mais là-aussi, j’assume. Je suis persuadée que chacun de nous vit sur un petit capital d’idées, ancré profond en lui comme des racines d’arbre, et que toute son existence dépend du développement qu’il leur donne. Même chose pour les écrivains : des œuvres entières sont construites sur une dizaine de fortes impressions et de sentiments profonds.

Pour les politiques, c’est plutôt bien : mieux vaut une dizaine d’idées auxquelles on croit profondément qu’une centaine au gré des modes, des conseillers en communication ou des « opportunités ». Donc, j’aime bien les politiques, et les hommes en général, qui ont une assise d’idées forgées à leur expérience de vie.

Je me suis pas mal éloignée des femmes : je l’ai dit déjà, j’écris très vite, au fil des petites touches de mon ordi et des touches, sans doute déjà plus rouillées, de ma pensée. Les diversions sont nombreuses. Montaigne déjà s’en plaignait. Excusez-moi du peu.

Retour aux femmes donc. Longtemps on a cru qu’elles perpétuaient les valeurs conservatrices, gardiennes –par force- du foyer, du buffet et de l’armoire à linge. Longtemps, elles n’ont eu d’autres choix, leur monde étant celui de la dépendance et de la soumission. Un livre vient de paraître, au titre provocant (« le lit, le pouvoir et la mort ») montrant combien les jeunes reines elles-mêmes devaient attendre la mort de leur époux pour donner leur mesure. Peu y parvenaient, grossesses et accouchements les fauchant plus sûrement que la chasse à courre.

Le travail, toujours lui, leur travail, a permis que les femmes soient ouvertes au monde. Et en effet, ce sont elles qui font bouger la société. Du foyer, qu’il ne faut pas négliger, à la marche du monde. Elles, qui ont décidé dans la première partie du siècle passé qu’il fallait « se mettre à l’électricité », installer le chauffage central, moderniser la vie intérieure de la maison, premier pas en direction de la parité domestique, condition de la parité réelle. Elles, qui aujourd’hui sont le ferment de l’ « intégration ». Je n’aime pas ce mot, mais si les populations d’origine immigrée participent aujourd’hui, et plus encore demain, à la marche commune de notre société, c’est et ce sera par les femmes. Notre action doit prioritairement les toucher et les concerner.

Entre le chauffage central et la vie des banlieues, j’ai sauté beaucoup d’étapes des batailles et du rôle des femmes. Ce n’est pas le propos ici et, plus concrêtement encore, je suis « hyper speed » comme disent les plus jeunes de mon équipe. Moi, je dis « speedou », les mots en « ou » ont une sonorité amicale qui me les fait aimer, et j’en invente à profusion.

Et donc, je retourne en hâte à l’hôpital. La vie des femmes est multiple, et c’est leur force.

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