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L’effet Hollande

Exhortation à la croisssance de Mario Draghi, directeur de la BCE, « Agenda de la croissance » sorti hier de la poche d’Angela Merkel : l’effet Hollande se fait sentir avant même l’élection.

La confiance ne se décrête pas, elle se mérite. Et rapidement, nous en verrons les fruits.

Brève de camp’

Place Pey Berland à Bordeaux, 13 h. Je distribue entourée de jeunes militants le tract d’entre deux tours de François Hollande.

Engageante, je le tends avec ce seul mot :

– François !

Un électeur goguenard, sourire en coin, le prend en répondant :

– ça va de soi !

Beau slogan que ce « François, ça va de soi ». Je l’interroge

– Et Sarkozy ?

– C’est fini.

Comme Capri.

NON

La première qualité d’un homme d’Etat est de savoir dire « non ». C’est en réalité la première qualité de l’Homme tout court comme nous l’a appris Camus dans toute son oeuvre et d’abord dans « L’homme révolté ». On imagine ce qu’il écrirait aujourd’hui devant la dérive de l’ump et de ses leaders. « Combat », son journal, qui a disparu peu après lui nous manque bien.

C’était hier Juppé qui dans tous les médias déclarait qu’il y avait trop d’immigrés et qu’il faisait sienne l’engagement de Nicolas Sarkozy de diminuer de moitié les chiffres de l’immigration légale. Et ce, dès l’année qui vient s’il venait à être élu.

Sait-il ce que ça veut dire ? Bien sûr, il le sait mais « Paris vaut bien un reniement » (Henri IV disait « une messe »).

L’immigration légale, c’est quoi ? Le plus fort contingent est représenté par l’immigration économique et Sarkozy y souscrit. Tous les boulots que personne ne veut faire, ça, OK, il veut bien. Il la qualifie d’ « ‘immigration choisie ». Le plus modeste contingent correspond au droit d’asile, c’est à dire les immigrés accueillis parce qu’ils sont pourchassés, torturés, emprisonnés dans leur pays pour raisons politiques. Il n’est pas exclu, au point où nous en sommes qu’il le rabote un peu, mais cela ne saurait suffire.

Reste quoi ? Le regroupement familial. On ne peut diviser par deux l’immigration légale sans, pratiquement, l’interdire. Venir construire nos maisons, ramasser nos poubelles, balayer le métro où les parkings Vinci de Bordeaux, faire le ménage à 5 h du mat des bureaux de M Bouygues, d’accord, mais se marier, être rejoint pas ses enfants, mais, ma chère, vous ne l’imaginez quand même pas ?

Qu’ils aient au moins le courage de dire ce qu’il y a derrière leurs paroles ! D’expliquer que les enfants de ces travailleurs resteront dans un coin de sahel, non scolarisés, mal soignés ou pas soignés du tout ; que les femmes, leurs épouses, resteront où elles sont, recevant de maigres subsides pour nourrir ces enfants, lesquels verront leur père tous les 4 ans quand il aura les moyens de rentrer.

Je parlais tout à l’heure de « reniement ».  Quand il était de bon ton de faire le sage et le pondéré, Juppé écrivait « Le regroupement familial est un droit et l’Europe, compte tenu de sa démographie, a sans doute besoin d’apport de main d’oeuvre étrangère » ( « Le Monde », 1er octobre 99)

Le manque de courage me navre, la versatilité selon les opportunités politiques aussi.  On a le droit de penser presque n’importe quoi, d’avoir des opinions, mais qu’on les assume, qu’on explique, que les Français sachent et comprennent, qu’ils décident en sachant de quoi il est question.

Qu’on relise le petit opuscule de Camus « Misère de la Kabylie ». La Kabylie est, de beaucoup, moins misérable qu’elle ne le fut. Mais tant de territoires africains, de banlieues de villes, le sont encore. L’immigration n’est pas LA solution, loin de là, mais elle est une miette de chance pour ceux qui ont le courage de partir. Prenons nos responsabilités.

 

 

 

Le travail vrai

Le travail, le travail vrai,  c’est celui qui réunit, pas celui qu’on utilise pour diviser.

On n’est jamais si bien ensemble que quand on fait ensemble. Tout cela, dans son bunker élyséen, entouré de ses communicants et de la poignée de séides qui momentanément l’entourent, Nicolas Sarkozy n’en a aucune idée. Tout lui est permis. Il a rabaissé la laïcité en la qualifiant, laissant entendre qu’il y en avait une qui était négative, ringarde, délétère, opposée à la sienne, laquelle est à géométrie variable et à son seul service. Il y a aujourd’hui un mauvais travail, celui qu’on a perdu -et les 5 ans de son mandat n’y sont pas pour rien-, celui où l’on ne gagne pas assez, celui qui fait défiler dans les rues le 1er mai des milliers de personnes qui ne sont pas des « permanents syndicaux ».

Sarkozy méprise et humilie. Ce mépris, cette capacité d’humilier est l’universelle règle si l’on veut lever la révolte et le rejet. Pour ne l’avoir pas compris, entre autres raisons, le candidat sortant sera demain un candidat sorti.

Fière de Hollande, fière de Bordeaux

En quelques mois, la personnalité de François Hollande s’est imposée aux Français et ce n’est grâce à aucun communiquant, à aucun conseiller avisé, c’est grâce à lui-même.

Constant sans rigidité, souverain, maître de lui sans hauteur, attentif aux autres, chaleureux sans familiarité, formidablement volontaire et même obstiné, Hollande a démontré qu’il n’avait pas les défauts de ses qualités et les Français, semaine après semaine, ont partagé l’expérience de la naissance d’un homme d’Etat.

Ils ont fait plus qu’en partager l’expérience, ils y ont participé. Peu le connaissaient, tous l’ont découvert. Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle est la meilleure réponse à ses détracteurs, d’ailleurs chaque jour moins nombreux sur le terrain. Je peine aujourd’hui pour ceux qui ont voulu le faire passer pour arrogants car ils l’étaient eux-mêmes, pour « mou » parce qu’ils n’avaient pas eu son courage de se déclarer candidats, pour inconstant car ils étaient erratiques, pour indécis parce qu’ils étaient pleutres. Ceux-là ont triste mine et entendant il y a quelques minutes Copé déclarer qu’ « il se dérobait au débat » parce qu’il n’en veut pas un tous les jours, j’ai pensé que ni lui, ni Sarkozy, ne seraient pas déçus de celui qui aura lieu entre les deux tours.

Fière de Bordeaux aussi. Même la droite y a été fidèle à sa tradition historique d’ouverture et d’humanisme en recalant sur la circonscription dont je suis l’élue le vote d’extrême droite à un maigre 7%. Ce « maigre » est bien sûr relatif mais peu prometteur pour le discours du Ministre-Maire ce matin sur France info, proclamant qu’il y avait trop d’immigrés en France et souscrivant par là même à l’idée que c’était là la priorité pour sauver la République que d’en réduire le nombre.

Dans notre ville, Hollande devance de 5 points Sarkozy (6 points dans ma circonscription pourtant taillée par Chaban lui-même pour être le pré-carré de son Maire). Clairement, ce Maire n’est plus le même et l’ump d’aujourd’hui est à mille lieues de la Nouvelle Société.

Fière de Bordeaux, qui sans parodier de Gaulle (« Fécamp, port de pêche et qui entend le rester ») demeurera toujours ce Port qui lui a donné sa force : ville ouverte au monde, humaniste, équilibrée.

Notre ville.

 

 

 

Suivi et Infogérance par Axeinformatique/Freepixel