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Le (2ème) prix de l’humour politique

Le prix de l’humour politique vient d’être attribué à l’ancien Ministre villepiniste François Goulard pour une déclaration qui, en effet, le méritait :

« On reconnait un ancien ministre à ce qu’il monte à l’arrière d’une voiture et s’aperçoit qu’elle ne démarre pas ».

Pour autant, François Fillon en a été de facto écarté et c’est regrettable. Un tweet de sa part, écrit hier dans la fièvre twitteuse de sa candidature à la présidence de l’ump, méritait au moins l’ex aequo :

« En France pour faire plus de 50% aux élections, il faut ouvrir largement les bras et attirer le maximum de Français derrière nous« 

On en conviendra, cela suppose d’inverser l’implantation des bras et le jeu des articulations. Au passage, ces Français en rangs serrés derrière lui n’évoquent pas vraiment la démocratie non plus que l’esprit d’équipe.

Ce François-là a du s’en   apercevoir qui a revu et corrigé son invitation au rassemblement dans un tweet qui vient de tomber à l’instant :

« En France pour gagner les élections il faut tendre les bras, élargir son discours politique et rassembler + de 50% des Français »

J’avais espéré un instant qu’espérant rivaliser avec François H, François F s’essayait à l’humour, ce remède à tous les maux, maux dont son parti est pourtant fourbu. Mais non, décidément, François F ne deviendra pas le « Monsieur petite blague » de l’ump. Cela demande un grand talent.

 

Trois millions de chômeurs … et eux, et eux, et eux

Dutronc pourrait reprendre son tube « Et moi, et moi, et moi » qui servirait utilement de fond sonore aux conventions, meetings et visites de fédération des responsables ump.

Annonce ce matin de l’aggravation des chiffres du chômage dont on a du mal à penser qu’elle est à mettre sur le compte du gouvernement Ayrault, six semaines après la déclaration de politique générale du Premier ministre, et pas davantage des cent jours de François Hollande. Réaction una voce des responsables ump sur toutes les ondes : « opposition totale ».

Ce n’est d’ailleurs qu’une reprise d’un choeur bien orchestré depuis le début des hostilités entre les leaders de cette Union des Mauvais Perdants. « Opposition totale », pas au chômage d’ailleurs -à l’exemple de Nora Bera qui avait déclaré qu’elle était « contre » le suicide-  mais -en vrac- à Hollande, à Ayrault, au Gouvernement, au PS et tout ce qui pourrait y ressembler.

Cette « opposition totale », qui a un vague relan de « guerre totale », ce qui ne parait pas constituer le top de la communication, est donc le mot d’ordre, le slogan, l’étendard de la droite. Les chômeurs attendront. L’union nationale à laquelle Sarkozy  a tant appelé  à chaque épisode de la crise financière est rangée aux oubliettes. O-PPO-SI-TION vous dis-je, rien que ; et eux, et eux, et eux…

La déclinaison de ce slogan constructif connait quelques perles. Dans le programme des candidats, confirmés ou putatifs, à la présidence de l’ump, une grande mesure : la suppression des 35 heures. On se pince : est-ce que l’un d’eux n’était pas Premier ministre il y a trois mois ? Est-ce que collectivement, ils n’avaient pas la majorité à l’Assemblée ?

Distraction sans doute. Distraction aussi pour tout ce qu’ils n’ont pas fait pour la Grèce depuis deux ans, pour la sécurité depuis dix et j’en passe. Amnésie pour tout ce qu’ils ont défait.

On vilipende Hollande pour son attentisme en Syrie. Mais qu’a fait Juppé pendant plusieurs mois, qui avec courage s’est tu quand Fillon a voulu embarquer le Président et la Chancelière pour supplier Poutine d’être plus gentil et compréhensif, qualités dont il montrait au même moment qu’elles lui étaient naturelles en jetant dans des camps de travail (…) trois gamines qui avaient chanté une prière pour que la Russie connaisse, sans lui, des jours meilleurs. S’est-il exprimé ? A-t-il pris ses distances de cette suggestion abracadabrantesque ? Non. Bien sûr.

Qui peut y croire ? Qui peut les croire quand ils ne pensent qu’à un emploi, un seul, celui de président de l’ump ?